Écrivez à Sylvie


Mission Accomplie !

Sylvie est arrivée à l’aéroport de Québec, le 1er Juin à 20h58.

Toute la famille, les supporteurs et amis ont étés les bienvenus pour ce beau party d’arrivée! Les anciens collègues patrouilleurs de ski de Sylvie étaient également présents.

Un endroit à l'aéroport avait été aménagé, et Sylvie a pu répondre aux questions des médias dès son arrivée. Sur place, une caisse pour recueillir les dons pour Rêves d’enfants, ainsi qu'une caisse pour ceux qui voulaient aider Sylvie à boucler son budget, avaient été placées.

Tel que demandé par Sylvie, une carte avec une photo prise au sommet, portant la mention "Oser croire en soi", accompagnée des logos des commenditaires a été remise à tous les gens sur place. Des surprises ont également été distribuées aux gens qui s'étaient déplacés pour venir accueillir Sylvie.

De la part de Sylvie, merci pour les nombreux courriels! Merci aussi à tous les supporteurs pour l'accueil chaleureux !!


23 mai

Nous avons reçu d'excellentes nouvelles aujourd'hui: nous avons enfin pu entendre à nouveau la voix de Sylvie, en direct du camp de base, à 6h15 ce matin, heure du Québec.

Sylvie est donc maintenant en sécurité au camp de base. Sylvie nous résume son expédition en quelque mots: épeurant, difficile, exigeant, éprouvant, interminable, gratifiant, majestueux, impressionnant, grandiose, et beaucoup beaucoup de superlatifs. Elle aura beaucoup de choses saisissantes à nous conter. Elle s'est dit tout le long: "Mario a fait tout ça, j'en reviens pas". Donc, elle s'attendait à ce que ce soit difficile, mais pas autant que ça! Elle dit aussi: "L'Everest, c'est pas pour tout le monde. Beaucoup ne réalisent pas comment la ligne entre la vie et la mort est mince".

La couverture médiatique pour le retour de Sylvie, assurée par Simon St-Hilaire, est maintenant amorcée: Il recevra sous peu des photos prises par Sylvie pour les transmettre aux médias.

Au nom de Sylvie, nous vous remercions pour les courriels d'encouragement! André nous dit qu'il est débordé et que c'est parfait comme ça! Il aime ça en recevoir autant! Alors continuez!! Et pour ceux qui n'ont pas encore osés en envoyer, de peur de déranger, allez-y! Innondez la boîte courriel de Sylvie!!! Elle aura tout son temps pour lire vos messages au camp de base, à Katmandou, et aussi durant les 23 heures de vol pour son retour prévu le 7 juin prochain. Le contenu de vos écrits, même s'il n'est que de quelque lignes, ne peut que lui faire du bien et lui aider à reprendre des forces!!

Alors let's go tout le monde, on fait exploser la boîte courriel de Sylvie!!!!


Sylvie dans les médias:

Quelque jours avant, pendant, et après l'ascension de Sylvie, plusieurs médias ont parlés de son expédition à l'Everest, interviewés des proches, publiés des articles, ou diffusés des photos. Voici donc, quelque liens de ce que nous avons pu répertorier:

Entrevue avec André Fortier à Radio-Canada Reportage à LCN Reportage à TQS 1 Reportage à TQS 2 Reportage à TQS 3 Article paru dans le journal LeSoleil Article paru dans le journal MédiaMatin Québec Entrevue avec Simon St-Hilaire sur la radio Internet KPR Article sur EnBeauce.com


21 mai

Nous avons reçu du camp de base une transcription par courriel d'une communication de Kili Sherpa . La descente se poursuit très bien et Sylvie est en bonne forme. Si tout vas comme prévu, Sylvie couchera ce soir au camp 2 et sera demain au camp de base. Avec le décalage on peut peut-être ajouter une journée, malgré que Kili nous a écrit le courriel à 10h20 (heure du Québec). Une fois au camp de base, nous aurons enfin des nouvelles de Sylvie et on espère pouvoir l'entendre de vive voix plus longuement. Je vous rapelle qu'il n'est pas trop tard pour lui envoyer vos félicitations!


20 mai

Sylvie est présentement en ascention vers le sommet!!!!

17h30: Arrivée des supporteurs de Sylvie, de sa famille ainsi que des médias chez André, le conjoint de Sylvie.

19h40: Deux grimpeurs de Arun Treks viennent de réussi le permier sommet de l'année, en partance du coté Sud. Les sherpas Nangyl et Pemba sont arrivés les premiers, suivi de l'équipe installant les cordes. De nombreux autres grimpeurs sont attendus au sommet durant la prochaine semaine.

20h17: Nous avons reçu un appel via le téléphone Satellite de la part de Kili Sherpa. Il nous confirme qu'elle est presque rendue!! et à environ une heure du Sommet!

20h59: Second appel de Kili Sherpa! Il nous dit que tout vas bien et que Sylvie est à plus ou moins 45 minutes du sommet!! Tous ses supporters sont sur le qui-vive et l'adrénaline se fait sentir!!

22h14: C'EST AVEC GRAND HONNEUR QUE JE VOUS ANNONCE QUE SYLVIE EST PRÉSENTEMENT AU SOMMET!!!!!!!! Nous sommes en attente d'une communication avec Sylvie sous peu...

22h50: On reçoit une communication (plus que difficile) avec Sylvie, qui nous confirme 3 fois plutôt qu'une qu'elle est bien au sommet. La communication est vraiment de piètre qualité ce qui nous empêche de l'entendre correctement. Toute sa famille et ses supporters lui témoignent leur fierté et l'encouragent, sachant qu'il est plus facile pour elle d'écouter que de nous parler. Pour la suite: on attends un second appel de Sylvie (cette nuit pour nous) en provenance du Camp 4.


19 mai


Salut tout le monde! Hier soir à 19h30 pour nous, Sylvie partait du Camp 2 pour se rendre au Camp 3. Au moment où vous lisez ces mots, elle est en train de se reposer au Camp 3. Elle a déjà fait ce parcours et souvenez vous qu’elle en avait dit que c’était la chose la plus difficile qu’elle ait fait dans sa vie au niveau physique.

Heureusement, avec son acclimatation, cette étape a du être plus facile...ou moins difficile. Donc aux alentours de 10h30 (lundi) matin pour nous, elle ira dormir dans son super sleeping Inferno en prévision de son départ vers le Camp 4 aux petites heures du matin (20h30 pour nous).

C’est à partir de ce moment, à partir de ce soir à 20h30, que le plus gros du défi commence! Demain, à chaque pas vers le sommet, Sylvie augmentera son record d’altitude. À chaque pas, elle pourra se dire en elle, la foulée que je porte au sol, c’est la plus haute foulée de ma vie, et ce, à chaque pas qu’elle fera vers la cime du plus haut pic de la planète.

Sylvie a travaillé fort pour être où elle est rendue et ce, pas seulement sur la montagne. Je dois remercier ceux qui la supporte financièrement pour cette expédition. Sans eux, cet exploit serait difficilement réalisable. Ces personnes ont écouté Sylvie, Simon ou André et ont cru dans ce projet.

Combien de porte fermées, d’absence de réponse... Cela donne encore plus de valeur à ceux qui ont entendu le message de Sylvie. Elle le fait pour ceux qui veulent réaliser leur rêve; pour leur donner espoir. Ce n’est pas un hasard si elle s’est associé à rêve d’enfants!

Cette semaine, elle nous dit qu'au camp de base, elle a rencontré un homme qui était sur l’Everest pour sa troisième tentative pour le sommet. Il lui a compté pourquoi ses deux premières tentatives ont échoué. La première, c’était pour une question de santé et la seconde, santé et mauvais temps. Mais il lui a dit quelque chose d’assez simple. ‘Les deux premières fois, je ne me voyais pas au sommet. Je n’étais pas capable me voir au sommet et cette fois-ci, je me vois au sommet. Peut-être que cela ne veut rien dire mais cette fois-ci, c’est différent.’ Sylvie l’a reconnu. pour sa persévérance, elle lui a souhaité de réaliser son rêve, son sommet de l’Everest. Ensuite, il lui a demandé si elle, elle se voyait au sommet et elle lui a répondu tout bonnement:

"Je ne me suis jamais vu ailleurs qu’au sommet.
Pour moi, c’est clair que c’est là que je vais."

Peut-être que cela ne veut rien dire pour vous mais pour Sylvie, cela veut dire quelque chose. Comme elle, je crois que pour atteindre un but, il faut être focusé et visualiser le résultat. Le reste, s’aligne pour que cela se réalise. Le principal obstacle est souvent notre propre personne et nos démons intérieurs. Il faut y croire et prendre les bonnes décisions pour réussir. La personne qui doit le plus y croire c’est Sylvie. Quelque chose qui l’aide à y croire encore plus c’est tous les mots d’encouragements que vous lui envoyez, toutes les belles pensées que vous lui portez, tout l’intérêt que vous lui donnez. Je vous remercie, vous l’aidez vraiment. Peut-être même sans le savoir mais vous l’aidez à votre manière.

Aussi, André nous dit qu'hier, il a reçu un courriel qui lui a fait virer le sang à l’envers! Quand il a lu le nom de l’expéditeur, il a complètement déconnecté. Sylvie Fréchette. Un flash lui est passé en tête: si elle envoi un courriel, c’est qu’elle est au camp de base et si elle est au camp de base, c’est la mauvaise température, une blessure, un accident, son sherpa malade, une mauvaise chute, un problème de santé, une avalanche et j’en passe. André commence donc, avec le coeur tout chamboulé, à lire le courriel; il s’attends au pire. Il reli le nom de l’expéditeur: C’était bel et bien Sylvie Fréchette.

Son sang se glace; quelles nouvelles vas-t-il découvrir dans ce courriel qu'il ne souhaite pas recevoir?
OUF!!! Quelle joie!!!! C'était Sylvie Fréchette la nageuse!!!!. De Las Vegas (probablement car elle y est en spectacle) Sylvie (la nageuse) a écrit un mot d’encouragement pour Sylvie. Elle lui souhaite bonne chance pour le sommet!

Coudons!!! Est-ce que toutes les Sylvie Fréchette de cette terre sont super gentilles? C'est super gentil de sa part! Surtout que quelque part, Sylvie admire Sylvie la nageuse pour ce qu’elle a réalisé et pour ce qu’elle fait encore. Elle a déjà dit à maintes reprises qu’elle aimerait cela la rencontrer et aller la voir dans le Nevada. Ce serait une rencontre magique pour Sylvie. Un jour peut-être!

En terminant voici quelque photos:


Avalanche sur la cascade de glace. Un des risque de la montagne…


La face du Lhotse vue de la vallée du silence (juste après le Camp 2).


Face du Lhotse vue d’un peu plus près. Camp 3 dans l’ombre du Lhotse. Belle glace!


Route sur le Lhotse pour se rendre au Camp 3 situé vers la gauche.


Le Camp 3 à 7400 mètres. Début de la ‘Death zone’. À cette altitude, le corps humain ne peut plus s’acclimater. Le corps en survie commence à se détériorer. Le moins longtemps Sylvie reste en haut de 7500 mètres, le mieux c’est car elle puise dans ses réserves.

Vue de l’Everest à partir du camp 3. On ne voit pas encore le sommet à ce point. Le col sud se situe à droite et en bas de la pointe.


16 mai

Nous avons reçu appel de Sylvie hier soir, elle est dans l'attente de son départ pour le sommet. Elle enclenche son push du sommet samedi le 17 au levé du soleil!

Sylvie va partir samedi matin le 17 mai pour le Camp 2. Elle couche au Camp 2 et prends la journée de dimanche le 18 de repos. Lundi le 19, elle part à 5h du matin (19h20 pour nous) pour se rendre au Camp 3 où elle arrivera vers 10h (minuit et 20 pour nous). Elle couche au Camp 3 le lundi 19. Le mardi 20 mai elle se dirige vers le camp 4 pour y arriver vers midi (donc 2h20 dans la nuit de lundi à mardi pour nous). Elle mange, s’hydrate et tente de dormir jusqu’à 19 heure.

Le mardi 20 mai entre 19h et 20h, elle part pour le sommet. Elle estime 12 heures d’ascension. Une partie de son ascension se fera sous la lumière de sa lampe frontale dans la nuit de mardi à mercredi. Elle devrait arriver au sommet le mercredi matin vers 7h30 (heure locale).

Sylvie s’attend à être au sommet entre 20h et minuit à notre heure.

Pour les communication, elle doit décider du système qu’elle utilisera. Soit elle monte son téléphone, soit elle monte son walkie-talkie et pour nous rappeler, le base camp manager collera le walkie talkie sur le téléphone satellite comme Mario Dutil avait fait. C’est une question d’autonomie de sa pile de téléphone. Son chargeur solaire ne fonctionne que s’il y a du soleil. Sa crainte, si c’est couvert, elle ne puisse charger le téléphone et n’ait plus de courant pour le sommet.

Pour sa santé, elle pète le feu; elle est prête, elle est tout excitée et a hâte de monter. Elle est aussi nerveuse. Son stress vient du fait qu’elle ne sait pas comment son corps va réagir à cette altitude. Elle se ramène à sa réalité, elle a su adapter son rythme et son corps s’est très bien adapté jusqu’à maintenant. Elle a fait de la diarrhée antérieurement et cela lui drainait de l’énergie. Elle a donc pris des médicaments et tout est revenu normal. Elle a retrouvé son appétit!

Entre le Camp 2 et 3 elle nous dit: "C’est à pic en maudit, ça monte, ça monte et en plus, c’est sur la belle glace bleue super dure! C’est pas facile. On jumare sur des cordes de 200 pieds ancrées dans la glace avec des vis. Une chance qu’en montant, la quantité de grimpeur se trouve à faire des marches, c’est plus facile. J’ai eu un moment de panique en redescendant du Camp 3. Il neigeait et il ventait très fort et je ne pouvais pas respirer. Sur le mont Washington, ça nous était arrivé lorsqu’il ventait à 160 km/h mais ça durait le temps d’une respiration. Tu mettais ton nez dans ton manteau et tu avais de l’oxygène, mais là, tu mets ton nez dans ton manteau pis t’as pas plus d’oxygène à cause de l’altitude, c’est assez paniquant. Je me suis parlé et je me suis dit que j’étais encore consciente donc mon cerveau, malgré ma difficulté, avait assez d’oxygène pour fonctionner."

Sylvie nous dit aussi qu’elle a des fourmis dans les jambes et qu'elle a hâte de débuter l’ascension. Elle est prête, "crinquée", et prie pour une bonne fenêtre météo. Présentement ça paraît bon, mais c’est difficile à prévoir sur 5 jours. Le scénario antérieur est celui prévu pour cette fenêtre. Si cela change, elle nous téléphonera du Camp 2 pour nous le dire.


14 mai

André nous fait parvenir un document résumant la planification du restant des étapes à franchir pour Sylvie.


13 mai

"Salut la gang,

Je suis de retour au camp de base. J’ai dormi comme une taupe cette nuit. Il faut dire que le sommeil au camp supérieur n’est pas de bonne qualité. Je me réveille à cause du vent, à cause du froid, à cause que le ventre me brasse, à cause que j’ai envie de pipi, à cause que je fais de l’apnée du sommeil, à cause que j’ai mal au dos ou ailleurs, à cause que les jambes me chatouillent, à cause que j’ai faim, à cause que je vois la tente partir dans la face du Lotse, ou à cause que je pense trop. Bref, pour de multiples raisons.

Je suis descendue hier (le 12 mai) directement du C3 au Camp de base. La simple pensée de mieux dormir m’a donné l’énergie pour me rendre jusqu’au camp de base. Nous sommes partis vers 7h15 du C3 (le ventre presque vide), il ventait très fort! Sitôt dans la face du Lotse, de stations de rappel en station de rappel, j’installais mon « figure eight » et je faisais du rappel jusqu’au prochain ancrage. Il ventait si fort, que j’ai vécu l’anxiété de manquer d’air (que les asthmatiques vivent lors de crise). J’ai paniqué pendant un court moment. J’avais beau respirer, mais il me semblait que c’était moins efficace qu’à l’habitude.

À 7400m, il n’y a déjà plus beaucoup d’oxygène et là avec le vent, c’était bien difficile, j’ai eu à me resaisir. Je me sentais seul au monde, et en réalité, nous étions seul sur cette section haute de la paroie. J’ai fais signe à Ngima de m’attendre. Je l’ai rejoint. Je lui ai dit, je panique, j’ai besoin que tu m’attendes à chaque station. Et j’ai été O.K. J’avais le support humain dont j’avais besoin et un peu plus bas, la paroie coupait le vent et ma respiration est redevenue normale.

Vers le bas, nous avons rencontré des grimpeurs qui s’aventuraient dans ces conditions difficiles, étant donné les 12 pouces qui étaient tombés durant la nuit, les cordes étaient difficiles à trouver pour les grimpeurs qui montaient. Nous les avons aidés d’une certaine manière, car en descendant, avec notre poids, nous soulevons les cordes sans forcer et sans avoir à les chercher. Malgré ma difficulté à respirer, j’ai adoré descendre en rappel. La vue était à couper le souffle. J’ai aussi aimé cette solitude, j’ai encore une fois dû me faire confiance et trouver en moi des ressources jusqu’alors inconnues. J’ai aussi aimé sentir que j’avais besoin de Ngima, mon compagnon de cordée. J’ai aussi été ravie et sécurisé de voir que je pouvais compter sur lui.

Nous avons pris 1h30 pour descendre. Arrivé au C2, j’ai mangé! et j’ai préparé mes affaires pour continuer ma descente. Je me suis changé, j’ai laissé mon one-piece dans ma tente du C2.

Du C2 au BC, le décor était splendide. Nous étions dans un nuage, il neigeait doucement et tout était blanc. La visibilité était réduite, mais nous avions encore les traces de pas que nous pouvions suivre. Il n’y avait pratiquement personne dans la cascade de glace. J’ai pris de superbes photos.

Avec l’accumulation de neige de plus de 12 po., j’ai descendue la cascade de glace sans mes crampons. C’est drôle, depuis l’an dernier, j’enviais les Sherpas de le faire, mais je devais avoir des conditions sécuritaires. J’ai utilisé mon jumar à deux endroits où avec mes crampons je ne l’utilise pas et j’ai aussi descendu avec mon figure eight deux fois également pour ne pas glisser sur les échelles, j‘avais l’équilibre d’un chat, c’était enivrant la différence (beaucoup moins dangereux)!

Environ 45 minutes après être partis du C2, nous avons atteins le C1 et Ngima a entendu à la radio que les Sherpas avaient décidés de tous descendre au camp de base, car il venait d’apprendre qu’il y aurait 2-3 jours de mauvais temps qui s’en vient.

J’étais très satisfaite de ma décision !!!

Je vous envois des photos que j’ai réduite de poids.

Je vais bien. Nous attendons la fenêtre météo pour le push final.
Je vous tiendrai au courant. Je reste au camp de base, je suis bien trop confortable!

À bientôt.

Sylvie"


11 mai

** RECORD D'ALTITUDE BATTU **

C'est vers 2h30 (heure locale) que Sylvie a atteint le Camp 3 aujourd'hui, dépassant les 7300 mètres de son précédent record!!

Ce matin, à 8 heure (heure locale), donc ce soir à 17h40, Sylvie nous a téléphoné du Camp 3 à environ 7400mètres. Les tentes ne sont pas à l’emplacement du Camp 3 régulier étant donné que tout le monde grimpe en même temps, ils ont du faire un deuxième Camp 3 plus bas, à environ 7350mètres, et un troisième Camp 3 à environ 7300mètres.

Comme l’équipe à Sylvie a 3 tentes ils ont du aller au camp 3.3. Pour décrire à quoi ressemble l’emplacement de sa tente elle nous dit: "Quand je sors de ma tente, je fais 3 pas et ça coupe; ça descend et de chaque côté c’est une grosse pente. Quand je sors, je dois emmener mon piolet pour faire un self-arrest au cas où je perdrais l’équilibre et tomberais" (manoeuvre qui consiste à se freiner et s’arrêter avec son piolet lorsqu'on glisse).

Elle est parti du Camp 2 à 6 ½ heure pour atteindre le Camp 3 à 11hre et demi. Une montée de 5 heures. Elle nous dit que ça a super bien été et que les gens moins rapides laissent passer les plus rapides. Une heure après son arrivée, cette section de montagne a été enveloppée dans un nuage épais où elle avait de la difficulté à voir le bout de ses bottes. Dans son équipe, il y a d’autres personnes qui sont moins rapides et ils ont trouvés ça difficile car en plus, il a commencé à neiger après. Il a tombé 3 pouces de neige en peu de temps et c’était un "white out" (blanc aveuglant). En montagne, c’est très difficile d’avancer dans ces conditions car la voie n'est pas visible et en plus, la neige recouvre les traces des autres grimpeurs. Heureusement qu’il y a des cordes fixes sur lesquelles les grimpeurs s’accrochent.

Les coéquipiers français ont trouvés l’expérience difficile mais sont quand même arrivés sain et sauf au Camp 3. 3 à 4 heures plus tard, la neige a cessé et le nuage est parti. En nous parlant, Sylvie dit " Tiens, il commence à faire soleil" en ouvrant le ziper de sa tente pour regarder dehors.

La saturation de Sylvie en arrivant au Camp 3 était de 64% et sa fréquence cardiaque de 123. Elle a pris de l’oxygène à 1 ½ litre par minute pendant ½ heure et sa saturation est montée à 98% et ses pulsations descendues à 80. Lorsqu’elle a enlevé son masque, elle a réalisé comment c’était difficile de respirer et elle a presque regretté de l’avoir mis.

"Tabarouette, c’était dur de respirer au début et après une couple de minute j’étais O.K. mais j’ai réalisé comment on demande beaucoup à notre corps à cette hauteur. Mario Dutil me l’avait dit." (Pendant qu'elle nous parle, Sylvie coupe ses phrases pour respirer.)

"Bon Mario m’avait dit que c’était la journée la plus difficile et c’est vrai. J’en ai fait du sport dans ma vie, j’en ai fait des choses difficiles et exigeantes mais j’ai jamais fait quelque chose d’aussi difficile. J’avais beau le savoir, j’ai été impressionné de comment c’était dur. Ça a bien été mais j’étais trop habillée. J’avais mis mon one-piece et j’avais beaucoup trop chaud, il va falloir que je trouve une solution, peut-être partir plus tôt le matin comme ça il va faire plus froid. Je vais penser à ça parce que ça m’a pompé de l’énergie pour rien."

Sagar, de High Altitude Dreams, va vérifier aux deux jours la banque de minutes pour le téléphone satellite de Sylvie: il a le mandat de le garder à flots et d’en rajouter au besoin. Ils sont vraiment gentils et ils souhaitent eux aussi que Sylvie sommite. Un stress de moins pour Sylvie.

Plus Sylvie monte, plus son cerveau est au ralenti. Ilfaut donc qu’il y ait le moins possible d’interférences pour qu'elle puisse se concentrer sur des choses aussi simple que marcher et respirer. Au niveau de la mer on ne réalise pas comment c’est facile de respirer. [N.D.L.R.: Lors d'une entrevue sur les ondes de TVA, Sylvie nous expliquait qu'il était très difficile de respirer à une telle hauteur: l'équivalent pour nous de respirer avec des pailles!]

Dans la voix de Sylvie lorsqu’elle nous parle, on peut saisir sa joie d’être sur l‘Everest. Elle se sent vraiment bien sur la montagne et avec nous qui la supportons. Elle aime où elle est physiquement, spirituellement et émotivement.


8 mai

**ARRIVÉE AU SOMMET DE LA FLAMME OLYMPIQUE**

La montagne devrait donc être libérée sous peu pour les grimpeurs ! L'expédition se poursuit !!

Les restrictions sur les communication ont aussi été levées!

Sylvie a pu nous appeler ce matin avec son téléphone satellite sans avoir besoin d'un militaire à côté d'elle. Elle est soulagée de retrouver sa liberté et sa possibilité de rester en contact avec nous ses supporteurs. C’est quelque chose d’important pour elle et ça va lui faire du bien de recevoir vos mots d’encouragements.

Voici un résumé de la conversation avec Sylvie:

Demain le 9 elle part à 5 hre du matin pour aller au camp 2.

Le 11 elle monte coucher au camp 3 à 7300 mètres.

Le 12 elle redescend au camp de base pour se reposer. Si son énergie est bonne, elle ne redescendra pas plus bas car elle a peur d’attraper la diarhée ou la grippe. Plusieurs personnes ont descendu et ont attrapé quelque chose; elle sera donc prudente. Elle sait que ce serait mieux de descendre plus bas si elle est fatiguée mais elle va gérer cette décision en fonction de comment elle se sent.

Un sherpa de Mountain Madness (Willy) fera la première tentative de sommet le 19 mai. Sylvie a prévue tenter le sommet le 20, 21 ou 22 mai. Pour ce qui est de son énergie, elle mange bien et de grosses portions (souvent de doubles portions). Mario Dutil qui a sommité en 2004 avait perdu plus de 30 lbs. Ceux qui ont déjà vu Sylvie savent qu’elle n’a pas 30 lbs à perdre! Elle s’était donc programmée à manger.

Aussi, suivant les conseils de Mario et Maxime, elle s’est apportée des repas "conforts" du Québec pour garder l’appétit. Cette stratégie fonctionne bien. À 15 heures, elle mangeait une soupe tomate-basilic de St-Hubert avec des croûtons poêlés. Elle en rie car malgré ses doubles portions, elle mange même entre les repas.

Ensuite elle a parlé à Matilde, Laurie et Frédérique. Pour ce qui est de la présence de l’armée, la majorité des soldats sont déjà partis et le reste devrait partir demain en hélicoptère. Elle remercie beaucoup tous ceux qui lui ont envoyés des mots d’encouragements, ces encouragements lui donnent de la "drive" et elle ne se sent pas isolée!

La première chose qu’elle a dit c’est qu’elle est contente de retrouver le contact avec vous tous !


7 mai

Certaines rumeurs laissent présumenr d'une atteinte du sommet par l'équipe chinoise. Bonne nouvelles pour ceux qui sont du côté sud pour continuer leur ascension! Croisons les doigts! --- Voici un long message de Sylvie. Au moment d'écrire ces courriels, Sylvie ne savait pas que la chine était en train de tenter le sommet.


" 27 avril - Aujourd’hui, je pars directement pour le C2. Je pars vers 4h00. J’utilise ma lampe frontale pour encore une bonne demi-heure. La glace craque sous nos pas. La lune nous accompagne. Je vois quelques lampes un peu plus haut sur la montagne. Un porteur se joint à nous et il restera avec nous jusqu’au camp 2. Je lui demande parfois s’il veut me dépasser et il me dit que non, il est correct. J’aimerais décrire chaque détail de cette ascension de nuit… L’air est frais. Le moindre bruit me fait penser à une possible avalanche… Nous traversons la première échelle au moment où la pénombre fait place au début du jour. Nous venons d’éteindre nos lampes. Nos premiers pas sans lampes nous demandent un peu plus de concentration. Je regarde tout autour et je ne vois que des montagnes… Je ne vois pas l’horizon à aucun endroit. Nous faisons des arrêts courts quand notre souffle nous dicte de nous arrêter… Je prends chaque heure un bonbon au sirop d’érable pour humecter constamment ma gorge. Ils durent une heure. Je sais donc exactement combien en apporter. Nous avons vu cinq avalanches durant la montée. La dernière qui était la plus grosse m’a fait frémir…. Elle s’est déclenchée sur la paroi de l’épaule ouest de l’Everest, juste à notre hauteur, dans notre direction. Ngima me précédait et je lui ai demandé, qu’est-ce que nous pouvons faire ? Je me suis cramponné à la paroi et j’ai prié. Je pense que tous ceux qui était dans les alentours ont fait de même. Nous avons été ensuite envahis d’un nuage de poussière de glace. L’impression a été pour moi, en plus d’être une expérience nouvelle, haute en intensité… Mon rythme est bon, car j’ai dépassé six grimpeurs et deux grimpeuses et je ne force pas… Je suis si contente de mon entraînement ! Nous arrivons au C1 vers 7h50, ce qui fait environ 3h50. Les grimpeurs qui partagent la logistique du camp de base en sont à boire leur café dans leur tente du C1… Ils sont surpris de me voir à cette heure ! Nous prenons un temps de répit pour boire, pour ma part je me suis fait du gatorade bouillant et dans mon isolant, il est encore très chaud, ça fait du bien à l’intérieur de boire quelque chose de chaud. Nous repartons du C1 à 8h00. C’est la première fois que je fais ce trajet d’une seule traite. Je ne sais pas comment je gèrerai cette longue ascension… Finalement, je progresse très bien. Je fais encore et comme toujours de nombreux arrêts pour reprendre mon souffle. Nous rencontrons des Sherpas qui font l’aller-retour pour aller porter du matériel et de la nourriture. Ngima en connais plusieurs… Quand Ngima leur dit que je viens du Camp de base, me font un large sourire et me salut. Ils ont l’air impressionnés… Certains me disent : "You are strong !" Nous sommes arrivés au C2 à 10h30, soit 2h30 plus tard. J’ai dormi un peu en après-midi question de récupérer de mon effort et de ma courte nuit ! La Camps 2 est davantage en relief que le C1. Les tentes sont distribuées là où le terrain a pu être nivelé et certaines sont plus hautes que d’autres. La tente cuisine et la tente repas est à peu près au centre de nos tentes. Lakpa Nuru et Pasang Ngima sont nos cuisiniers. Durant la nuit, j’ai eu connaissance de trois avalanches dans la direction du Khumbu et de l’épaule ouest de l’Everest. Pour minimiser le poids de mon sac, j’ai opté de laisser ma doudoune au BC. J’ai par contre ma doudoune one piece. La plupart des grimpeurs ont fait également ce choix. Ngima a un kit deux pieces pour le sommet, ce qui fait qu’il a apporté sa doudoune et laissé ses pantalons de duvet, pour le moment au BC. Mais il ne porte pas sa doudoune… je lui ai emprunté. Le one piece est encore trop chaud, mais dès que le soleil se couche, ce vêtement devient très apprécié.

28 avril - Il fait chaud dans la tente et il n’y a rien à faire… Dehors c’est encore plus insupportable… le soleil de plomb a vite fait de nous toaster comme des rôties… J’ai vue deux soldats de l’armée népalaise armée avec des fusils (snipers) vers la fin de l’après-midi. Ce n’est pas une fenêtre météo que nous aurons, c’est une fente… Nous ne pourrons nous acclimater au C3 qu’après que les Chinois auront réussit leur sommet… ce qui ne nous laisse pas un large spectre pour notre tentative… Autre nuit…

29 avril - Je redescends au camp de base après mon bol de gruau, puis après avoir préparé mon gatorade bouillant. Notre départ est prévu pour 8h00. Je mets mon harnais, m’assure de fermer la tente bien hermétiquement, puis je suis prête. Il est environ 8h15. Les autres grimpeurs ont prévus partir plus tard…
Les Sherpas, dans cette descente ne mettent pas de crampons. Ngima me propose d’essayer et voir comment ça va. J’acquiesce, je verrai bien et pourrai les mettre n’importe quand si cela ne va pas. Je suis surprise de la différence de poids que cela fait au pied. Je constate aussi que je vais beaucoup plus vite et que ce n’est pas si dangereux que ça. Il faut, certes être plus vigilent, car nous traversons des crevasses étroites et il ne faudrait pas glisser dans l’une d’eux ! Mais je suis prudente… comme toujours. Nous rencontrons des Sherpas et des grimpeurs… J’ai le sourire aux lèvres de ma vitesse et de cette paradoxale et relative, facilité qu’est la descente comparativement à la montée. Les visages des grimpeurs qui montent sont crispés, souffrants… Celui de ceux qui descendent sont détendus et souriants. Je dis relative facilité, car si on dépasse notre propre seuil de consommation d’oxygène pour une telle altitude, notre souffle nous rappelle que nous ne sommes pas du tout au niveau de la mer ! Nous mettons quarante-cinq minutes pour atteindre le C1. Vers 9h15, nous repartons du C1 et arrivons au BC à 11h15, ce qui nous donne 2 heures pour la descente de la cascade de glace, ce qui est très rapide. Durant la descente, nous avons fait de nombreux dépassements. Je réalise que certains grimpeurs n’ont aucun rudiments d’escalade et aux endroits de rappels, ils manifestent des difficultés, voir des incapacités flagrantes. De voir cela m’insécurise, car à certains endroits dépassé le C4, il y a des goulots de bouteilles qui font que nous devons attendre l’un derrière l’autre et nous pouvons perdre un précieux temps pour atteindre le sommet dans des conditions favorables et cette attente peux mettre en périr une expédition qui autrement aurait victorieuse….À mon arrivé au camp de base, les tentes des Sherpas, cuisiniers, et base camp manager s’ouvrent…. Ils regardent qui arrivent et se crient d’une tente à l’autre :" C’est Sylvie avec Ngima. Elle est la première…" Les Sherpas me font signe de la main que ça va bien avec leur pouce vers le haut et disent que je suis "strong…" "la plus strong de l’équipe du base camp…". Je sais que cela n’a rien à voir avec les résultats de la réussite du sommet que nous connaîtrons dans quelques semaines… mais les Sherpas en ont quand même vue d’autres… et d’entendre cela m’encourage… me donne de l’énergie pour continuer à donner le meilleur de moi-même… Selon une information non officielle, il y aurait 39 équipes au BC, 300 grimpeurs et 400 Sherpas. Je redécouvre le confort du BC. Il fait plus chaud, il y a moins de vent, la bouffe est bonne, mon lit est davantage confortable. J’ai mangé une soupe aux tomates et pris une douche avant que le groupe n’arrive autour de 13h00, ils étaient finalement partis vers 9h00 du C2 et ont pris quatre heures pour faire le trajet. L’un d’eux, Al s’est blessé dans la cascade. Leur guide, Ryan a du lui faire une attelle avec un bandage élastique. Il a reçu un piquet à neige sur le bras. Ce piquet à neige était prévu fixer une échelle, mais il y avait trop de tension sur la corde à cet instant et il est sortie de la glace et est allé se réceptionner sur le bras d’Al. Il semble que ce soit une simple ecchymose, mais avec passablement d’œdème dans les trois premières heures. Je dois prendre une décision… Nous avons trois jours assurément, peut-être davantage, à attendre, la montagne sera fermée officiellement les premier et deux mai. Ensuite, il s’agira de l’installation de la voie entre le C2 et le C3. Je vais clarifier cela demain avec les gens du BC pour m’assurer de bien comprendre l’enjeu. Il vaudra peut-être bien que j’aille me reposer plus bas… Mes craintes sont d’attraper une grippe ou une diarrhée. Aussi, je me sens paresseuse, et il me semble que c’est deux jours, dont l’un pour aller et l’autre pour le retour… et où j’ai après à me reposer… Finalement est-ce si salutaire de descendre… je pense qu’il vaut mieux avoir plus de trois jours.


30 avril - Je viens de faire mon lavage en compagnie de Ron. Ça été intéressant, car nous partageons la même passion de la montagne et la même détermination. Il est dans la cinquantaine. Son fils est dans la trentaine.
Je me sens très bien. Je me sens surtout libre d’être ici. Libre, car je fais confiance à mes filles et libre, car elles me font confiance.
Aussi, physiquement, je vais bien. Chaque défi, je le relève avec fierté et brio. Spirituellement, je me sens supportée, accompagnée… Je me sens libre aussi.

1 mai - Aujourd’hui, il n’y a pas de vent. J’espère que les Chinois pourront atteindre le sommet. Nous serions libérés et finalement libres… Nous sommes tous dans l’attente. Nous tentons tous de combler nos journées de choses et d’autres, mais nous avons vite fait le tour des choses à faire. Pour ma part, je suis si contente de pouvoir écrire. Cela comble mes journées et me permet de porter un regard différent sur ce que je vis. Aussi, en ayant à me remémorer les évènements, je les revis avec beaucoup de joie et les journées passent.
Nous comptons les jours. Mustapha de la Jordanie, est parti à Namche pour son abcès. Moi, j’ai décidé de rester au camp de base car j’ai estimé que seulement deux jours de repos sur place ne me donneraient pas suffisamment de bénéfice compte tenu du temps (trois jours) que j’y investirait pour me déplacer. Je vais plutôt descendre après avoir atteins le C3. Mario a fait de même en 2004 et selon lui, c’est une des clés de son succès. Même au camp de base, on se dégrade… Dormir sera plus facile…. Il y aura plus d’oxygène. Je dois par contre aller à un endroit où il y aura internet… et où la bouffe est bonne. Je pense que le Everest Resort à Dingboche pourrait être une bonne option.
Le soleil est bon. Ce matin, j’ai lu quelques histoires de bouillon de poulet pour l’âme d’une mère. Je pleure à chaque histoire…
Je monte souvent au Stupa pour aller me ressourcer. C’est un endroit où je retrouve la paix et le calme. Il me semble que l’air y est plus pur qu’ailleurs. C’est un endroit plus haut et ça y est probablement pour quelque chose.
J’ai dû réparer mes gants en primaloft de North Face. Je les ai portés tout l’hiver en ski et ils étaient déjà usés. J’ai tenté de m’en procurer d’autres, mais la collection de cette année n’offrait pas d’équivalent. Ils sont aussi chauds que des gants en duvet et en plus ils gardent leur propriété isolante même mouillés. Pour les réparer, j’ai utilisé une aiguille, du fils résistant et des pinces, car l’extérieur au niveau des doigts, là où étaient les trous, est en cuir. Je suis très satisfaite du résultat, certes, ils sont rapiécés, mais comme je les utilise sur les cordes fixes, et que celles-ci sont très abrasives, je vais continuer de les user. Cela me crèverais le cœur d’utiliser des gants neufs d’une telle qualité dans de telles circonstances. Au retour, je m’en procurerai d’autres, car, cette fois, ils auront été au bout de leur rouleau…
Ngima est devant sa tente et répare ses bottes avec du Duck tape. Il a accroché l’intérieur de ses bottes, au niveau des chevilles, avec ses crampons et avec le temps, ça a fini par faire des trous. Ça va tenir pour un bout de temps, mais je suis bien consciente que ce type de réparation est temporaire.
Il me trouve bien chanceuse d’avoir le bureau de Québec de North Face comme partenaire. Cette compagnie m’a donné de très bons rabais sur mon équipement depuis deux ans et m’ont donné un manteau Gore-tex super léger de la collection 2009, Ngima n’arrête pas de le soupeser et de dire qu’il est léger ! En plus, le bureau de Montréal, m’a donné de l’équipement pour une valeur de $500. Ils m’ont également prêté une tente, un Dôme 5, qui fait l’envie de tous les grimpeurs. J’ai tout un confort et je l’apprécie grandement !
J’ai apporté du Nutella, du sirop d’érable, du café filtre et du beurre d’arachide du Québec et les grimpeurs m’envie… Je me sens un peu égoïste de ne pas partager, mais à onze autour de la table, si je partageais, le lendemain, je n’en aurais plus !!!! Avant-hier, j’ai donné à chacun un Ferrero Rocher comme marque de reconnaissance pour les efforts mis jusqu’ici pour notre acclimatation. Ils ont bien appréciés.
J’essai de partager le plus possible, mais en même temps, je dois me rappeler mes besoins. J’ai apporté ces aliments, car je savais, par mon expérience de l’année dernière, que ces aliments me réconforterait et m’apporterait la possibilité de garder l’appétit et de manger abondamment, ce qui est le cas !
Scott, l’un des grimpeurs de l’équipe de Ryan, m’a avoué, ce matin qu’il était conscient de ses besoins et des manques au niveau de certains aliments au camp de base, mais qu’il a négligé s’occuper de ses besoin et donc, il doit assumer son manque de rigueur et il en est bien conscient. J’apprécie sa franchise.
La table sur laquelle je suis actuellement installé est verte en métal. J’ai tant bien que mal, stabilisé celle-ci à travers les roches qui jalonnent le sol, de même que la chaise sur laquelle je suis assise. Je fais face au soleil et j’ai la cascade de glace et la Stupa juste devant et au dessus de moi.
Les enfants me manquent, ces interdictions de communiquer ne me font aucun sens… ce sont des souffrances inutiles… ces restrictions ne font que masquer des peurs de la part des Chinois… peur qu’une manifestation pro-Tibet se manifeste… Je ne me laisse pas envahir par les frustrations qui parfois montent en moi… je me rappelle que les seuls lieux où je me fais du bien sont mes souvenirs de mes enfants et cet endroit en moi, où je retrouve a paix et le calme… je l’appelle mon espace ZEN. Je me demande si ce mot, n’est pas justement un emprunt Chinois, mais probablement japonais ? Je pris pour notre libération, je pris pour la paix, le respect et la bonne entente.
Hier, j’ai discuté, en faisant ma lessive, avec Ronald. Il me disait que ceux qui renoncent à l’Everest n’ont parfois pas d’autres raisons qu’ils s’ennuient de leur famille... J’ai réalisé, pour ma part, que malgré que je m’ennuie, mon engagement envers moi-même de m’investir au maximum à la réussite de cette expédition, de relever ce défi que je me suis donnée est plus fort que mon ennuie. Il y a un besoin sous-jacent qui est plus grand que le manque, c’est le besoin d’accomplissement. Je sais aussi que ce manque est temporaire. J’ai juste besoin de déplacer dans le temps le temps où je pourrai l’assouvir.
Parlant du besoin d’accomplissement, j’ai observé que quand les Sherpas arrivent au camp de base après un portage, ils ont tous un large sourire que je peux facilement interpréter comme étant de la fierté de leur accomplissement bien tangible.
Il y a beaucoup de périodes, ou de moments d’attente lors d’une expédition de 8000m, car il faut laisser à notre corps le temps de s’acclimater... Cette année, en plus s’ajoute le conflit entre le Tibet et les Chinois, mais, à chaque année, contrairement à cette année, par contre, parfois ce sont les conditions météorologiques qui retardent le processus d’équipement de la voie et ce sont encore des variables qui font que les grimpeurs doivent attendre. Selon Allen, l’américain de l’équipe de Ryan, statistiquement depuis 2005, nous sommes dans les temps, considérant la très bonne température que nous avons eut, elle ne nous a pas retardé du tout. Les Chinois ont pu équiper leur voie sans être retardé...
Il est 11h15 et juste devant moi, une avalanche vient de se déclencher. Les débris se sont accumulés au bas de la paroi de l’épaule Ouest de l’Everest, évitant d’ensevelir une partie la cascade proprement dite. Je peux voir des grimpeurs dans la cascade, juste au niveau du nuage de glace qui s’est formé suite à l’avalanche. J’ai pris une photo… Tous les Sherpas sont sortis de leur tente pour assister à cette grandiose manifestation de Dame Nature. Apparemment, les grimpeurs ont été épargnés à la Grâce de Dieu !
La seule chose à faire dans une telle circonstance est la prière. La dernière fois où nous sommes descendus du C2, Pasang, un ami de Ngima, nous a accompagnés. J’ai eu connaissance que Pasang, à quelques occasions, particulièrement dans les endroits plus dangereux, comme dans la section de pop corn, qu’il a prié. Je me le suis fait confirmer par Ngima, car je ne pouvais pas comprendre ses paroles, et il m’a effectivement confirmé les prières de Pasang.
J’étais sensible aux peurs de Pasang et ses prières me rendaient davantage consciente des réels dangers de cette cascade... Même si les Sherpas ont l’air bien courageux et ils le sont pour accepter se soumettre à de tels dangers quotidiennement, ils vivent également des moments où les peurs sont présentes… et cela me rendais sensible aux peurs et consciente de l’immense courage de ces hommes des montagnes.
Ngima m’a dévoilé que Pasang, lors de notre descente du C2, était fier de moi. Il m’aurait trouvé "strong !"

3 mai - Demain ce sera la fête à Matilde, je pense à elle… J’espère que je pourrais trouver un moyen de lui téléphoner… Ce soir les gars veulent organiser un party. Ils ont invité plusieurs camp… la tente dîner sera plaine ! J’espère ne pas me coucher trop tard !!! Je commence à trouver ce temps d’attente très long… En plus avec une gang de gars qui ne parlent jamais de leur sentiment… les communications tournent autour des mêmes sujets et sont vide de relationnel… Je commence à vivre un sérieux manque… Hier, j’ai essayé d’entamer une vraie conversation, mais Allen m’a répondu avec des arguments rationnels… Ils sont très forts pour argumenter rationnellement… mais pour ce qui est de la dimension affective, ils sont démunis… Enfin, ce matin, je me suis tournée vers les filles de Browns… Elles ne sont pas habituées non plus de parler d’elles sans vivre d’inconfort… Enfin, je me tourne vers l’écriture… Je me parle à moi-même… mais au moins j’évacue ma tension du manque…. Et de cette interminable attente… J’ai sérieusement hâte d’avoir des nouvelles de Chinois ! Cette nuit il a neigé, il y a trois centimètres de tombés. Nous sommes dans le vide… Ça me fait vivre une telle impuissance, une telle impatience… et de la colère… Mon inconscient cherche un moyen de soulager ces tensions… Ce matin, je me suis levée avec l’idée de construire une poupée Vaudou… et de l’accrocher à un endroit bien en vue pour me venger de toute cette impuissance et de cette injustice… Je ne vais pas le faire, mais mon inconscient me dit que je souffre psychiquement de cet emprisonnement injustifié… J’écoute Era, ça me détend et me ramène aux choses que j’aime et qui sont importantes pour moi… Je ne peux changer cette situation… je n’ai de pouvoir que sur ce que je vis… Je suis consciente du pouvoir que je laisse au Chinois de me brimer la vie et je choisi de ne pas leur laisser me brimer la vie… je concentre ou redirige mon attention sur ce qui me fait du bien… Jamais, je ne les laisserai s’immiscer dans mon Univers Zen… J’ai le choix et la capacité de me protéger… Je vais physiquement, moralement et psychologiquement bien… J’espère pouvoir retourner au C2 le 6 mai, prendre un jour de repos puis grimper au C3, puis descendre à Dingboche une semaine. Mais ce sont les Chinois qui décident !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

4 mai - Nous venons d’avoir une nouvelle par la femme d’un grimpeur américain que les Chinois auraient atteins le sommet le 1 mai… Mon plan de remonter au C2 le 7 devrait se concrétiser. Le 8 jour de repos au C2 puis couché au C3 le 9. Le 10 descente au BC. Le 11 descente plus bas pour 5 jours… Mon cœur est léger suite à cette nouvelle… Nous attendons que l’armée nous confirme le tout et relèvent les interdictions… 6 mai, 20h00, Changement au programme, fidèle à eux mêmes… les Chinois nous interdisent le C3 jusqu’au 10 mai… Je vais donc remonter au C2 le 8, le 9 sera un jour de repos du C2 et j’irai au C3 le 10. Qu’ils me font chier !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Nous atteindrons peut-être le sommet avant eux !!! Ce serait toute une honte pour eux !!!!"


4 mai:

Tel que stipulé sur Everestnews.com, on peut apprendre que les leaders chinois sont très fachés après que de fausses rumeurs fesant état d'une tentative échouée de leur grimpeurs ait été propagée.

L'accès du coté Sud est donc maintenant bloqué, tous les grimpeurs ont été forcés à redescendre au camp de base et les communications sont interrompues pour une durée indéterminée.


29 avril

André nous fait parvenir des nouvelles en provenance de l'Everest, même si la source peut être biaisée. En voici une traduction libre:

L'équipe d'alpinistes chinois transportant la flamme olympique a atteint 8300 mètres. Il n'a pas été déterminé s'il s’agit de la première tentative pour atteindre le sommet. Les chinois sont reconnus pour faire des tentatives en vague (plusieurs grimpeurs ensemble pour finir à un).

Les experts météo disent que les meilleures fenêtres seront les 3 et 6 mai. Les journalistes sont au camp de base chinois.

La tentative sommitale chinoise à partir de 8300m (Camp 4) n'est pas prévue pour le 28 avril. De combien de retard les chinois sont affligés demeure secret. Le sommet n'est maintenant pas prévu avant mai. Pendant que la date pour le sommet est reportée, la pression sur les guides du coté sud augmente.

11 journalistes étrangers, incluant des journalistes de la BBC, ont quittés pour rejoindre 19 journalistes chinois au camp de base. Les grimpeurs du côté tibétain sont rendus à 7500m. Il reste encore beaucoup de travail avant le sommet. (Note: c'est mieux que ce que l'on croyait car 7400m, c'est le Camp 3.)


26 avril

Pour le moment, tout va bien. Sylvie est autorisée à aller coucher au Camp 2. Demain, elle part donc directement pour le Camp 2. Le reste de l’équipe est partie ce matin et vont coucher ce soir au Camp 1. Demain, ils vont monter au Camp 2 pour dormir. Sylvie espère grimper une partie de la voie entre le Camp 2 et le Camp 3.

Tant que les Chinois n’auront pas atteints le sommet, elle est bloquée. La montagne sera fermée entre le 1 et le 10, du moins tant qu’ils n’auront pas atteints le sommet. Sylvie prendra alors une décision pour ce temps d’attente et d’incertitude.

Dès qu’ils l’auront atteints, Sylvie espère être libérée. Elle se sent comme en prison, c’est difficile à accepter comme situation. Elle n’avait pas besoin de tout ce cirque. Déjà que grimper l’Everest est un investissement considérable...

Son moral va bien et physiquement elle pète le feu! Elle conserve son énergie du mieux qu'elle peut. Elle nous remercie d'être avec elle et de lui témoigner notre soutient.


23 Avril

Nous avons reçu une photo de Sylvie grâce à une clé USB qui s'est faufilé jusqu'à Katmandou sur laquelle on peut la voir en compagnie de son porteur Nima.

Également, nous avons reçu des tableaux de Andrée-Anne Dumont, l'entraîneuse d'Énergie Cardio Femme Ste-Foy, démontrant pour le premier la progression de la forme de Sylvie et dans le second, qui est aussi très intéressant, comment le VO2 max varie en fonction de l'altitude. Andrée-Anne a mis un texte explicatif pour que nous comprenions ce qui se passe en altitude.

Aussi, Andrée-Anne est une triathlonienne de niveau supérieur et elle organise une activité de financement pour sa participation, et celle d'un autre membre de l'équipe, au championnat du monde en juin 2008.

D'après son plan, Sylvie est monté au camp 2 hier et est redescendu au camp 1 pour dormir. Aujourd'hui elle est de retour au camp de base. Un grimpeur a été mis dehors du camp de base de l'Everest parce qu'il avait sur son sac un drapeau pro-Tibet.

Aussi, les soldats népalais ont reçu la permission d'utiliser la force létale pour ceux qui empêcheraient le passage de la flamme olympique. Rassurez-vous, Sylvie ne prendra pas partie et demeurera neutre.


21 Avril

Pour son anniversaire, nous avons eu droit à un appel de Sylvie à la maison. On entends des nouvelles rassurantes pour sa sécurité et qui démontrent aussi qu'ils ne savent pas quand ils pourront progresser plus haut que le Camp 2. Sylvie va bien, la seule chose qui va mal c'est la présence de l'armée et la difficulté des communications. Les Sherpas vont bien. L'armée est présente mais n'est pas agressive.

On apprend aussi que le téléphone est situé à 30 minutes de marche du camp de base, et que lorsqu'elle communique avec nous, Sylvie est entourée de soldats qui écoutent ses conversations. Aujourd'hui Sylvie prévoit monter au Camp 1 pendant qu'ils finissent d'équiper la voie jusqu'au Camp 2 et demain elle prévoit monter au Camp 2.

Du Camp 2, elle pense qu'elle pourra recommuniquer avec nous. Le matériel est entreposé au froid, il faut donc le sortir et le préparer (processus qui prends presque 30 minutes), ce qui bien sur contribue à compliquer le processus de communication.

Malgré que la voie ne soit pas toute équipée, Sylvie n'est pas en retard sur son horaire. Sylvie nous rassure: elle mange très bien et beaucoup. Elle remercie tout le monde pour les courriels de support! Ça lui apporte beaucoup d'énergie.

Aussi, elle a sa caméra photo et elle peut l'utiliser. Cependant, sa caméra vidéo a été confisquée. Les militaires ne se promènent pas avec leurs armes. Les grimpeurs sont assez libres et tout se passe comme d'habitude sauf que les communications sont difficiles et la montagne n'est pas pleinement accessible.

Sylvie a aussi parlé avec ses filles Mathilde, Frédérique et Laurie, qui en ont profités pour lui souhaiter bonne fête et parler de leur compétitions de Cheer et d'autres choses.



20 avril

Demain, Sylvie monte coucher au Camp 1. Le 23 elle va faire une montée au Camp 2 puis revenir coucher au Camp 1. Le 24, elle redescend déjeuner au camp de base.

Ça fait plus de deux heures que le Lama Thame prie devant le Stupa. Sylvie y est allée tantôt pendant un moment. On est dimanche, il semble prier plus que d’habitude.

Sylvie est en paix avec elle-même. En priant, elle était dans la gratitude devant cette opportunité qu'elle a de vivre une telle expérience.

Elle nous a envoyé (ses supporteurs) des voeux de bonheur et de paix intérieure. Elle en a également envoyé à ceux (parce qu'elle imagine qu’il y en a) qui ne sont pas d’accord avec ses choix. Elle a demandé à Dieu de leur donner la force de croire davantage en eux et de trouver en eux leur valeur personnelle.

Certains grimpeurs semblent éprouver de la difficulté à ne rien faire les jours de repos. Ils partent pour le camp de base du Pumori, ou remontent dans la cascade de glace sans qu’il n’y ait de bénéfice (aux yeux de Sylvie). Puis ils la questionnent sur sa stratégie et semblent ensuite remettre la leur en question.

Sylvie est en paix avec ses décisions, ses convictions et sa stratégie. Elle en profite pour remercier Mario, pour ses judicieux conseils. Elle sait que son calme vient de sa préparation plus récente, mais aussi de celle qui ne date pas d’hier.

Elle remercie aussi Claire Tremblay, sa thérapeute, pour l’avoir accompagnée, et ce depuis maintenant 8 ans, dans le respect d'elle-même, de sa différence et de son unicité.

Voici la lettre que Sylvie apporte au sommet :

"À maman, merci de ton audace de croire en toi, de ton courage, de t’être toujours relevé après chaque coups durs. Je t’aime et grâce à toi, j’ai réussi à accomplir ce défi de taille.

À ma conception, pour être sure que je réalise ma mission, vous (mes parents) nous avez doublé. J’honore mon héritage psychique, merci à chacune de mes épreuves, elles m’ont permis d’être plus forte. J’honore tout ce que vous m’avez transmis.

Papa, merci de ta simplicité, de ta générosité, de ton courage, de ta détermination, de ta persévérance, de ton amour, de ta foi, de ta capacité à faire confiance en la vie et en tes enfants. Merci de ton investissement pour ta famille, merci de n’avoir jamais lâché. Merci de ton aide à la réussite de cette ascension.

Merci de m’avoir enseigné par votre exemple, à vivre en harmonie avec mes valeurs, à cultiver l’humilité et à apprécier toute forme d’abondance, de joie, d’amour, de force, de paix, d’harmonie, d’intégrité et de sagesse.

Merci Nicole, d’avoir toujours été là à me supporter, à me rappeler la chance que j’ai de vivre cette vie remplie d’intensité. Je le fais pour toi, tu le mérites et merci de m’avoir légué toutes tes forces pour que je puisse accomplir notre mission !!!

Je suis fière d’être fille de ces résistants et courageux colonisateurs de l’Abitibi, dont l’ont été mes grands-parents.

Merci à tous ceux qui ont cru en moi pour ce projet, j’aimerais honorer votre geste du coeur...

Merci à tous ceux qui m’ont précédé sur cette montagne (Sir Edmond Hillary, Tenzing Norguay, Mario Dutil, Maxime Jean, Claude St-Hilaire, Lydia Bradey, Yves Laforest, Bernard Voyer, Claude Bérubé et bien d’autres), grâce à votre expérience et à vos partages, j’ai pu bien me préparer.

Merci à Fraid, Lau et Matz pour votre confiance et votre respect de moi et de mes rêves. Je vous souhaite d’être vous-même, d’honorer vos différences, vos dons, d’être heureuses et de vous réaliser.

Merci André de ton aide, de ton amour et de ton respect de mes rêves.

Merci Simon de ton appui, de ta bonté et merci de croire en moi.

Merci a mes frères (Luc et Alain) et soeurs (Marcelle et France) de croire en moi, je vous souhaite la paix, l’abondance, le bonheur, la prospérité et l’harmonie intérieur.

Merci à mes Sherpas, je vous souhaite la vie dont vous rêvez.

Je vous reviens en santé, c’est promis."

Sylvie nous dit aussi de ne jamais oublier qu’on a tous le choix de nos choix. Et que derrière chaque choix il y a des conséquences à assumer. Ces conséquences ne sont pas nécessairement toutes négatives, au contraire. Quand on écarte ou accueille les peurs, elles sont bien souvent plutôt bénéfiques.

La leçon vient quand on s’attarde à découvrir justement les cadeaux derrière une épreuve, ou derrière une perte. Ces cadeaux sont nos forces, notre valeur et notre contribution à l’Univers.

Matilde, Sylvie a trouvé ton message dans ses peanuts sucrées. Elle le garde précieusement.

Fraid, tes sourires et tes blagues lui manquent. Quand elle ferme ses yeux et s’imagine que tu es devant elle, elle se rappelle quelques blagues ou mimiques que tu as déjà faites et ça la fait sourire.

Laurie, hier, Sylvie a mangé des brochettes de boeuf haché. Les boulettes ressemblaient à ton dessert indien préféré (le marcotta). Sylvie a rit un bon coup, sans que personne ne sache pourquoi. Les boulettes étaient plutôt coriaces. Heureusement, il y avait des pâtes, de la salade et de la soupe. Pendant ce moment précis, tu étais là avec elle, et vous riiez ensemble.

Sylvie nous dit qu'il faut faire très attention à ce que l’on peut dire dans les médias à propos de ce qui se passe. Il faut surtout éviter que quelqu’un (ça pourrait être une fuite de la femme d’un grimpeur, comme ça a déjà été le cas) nourrisse les médias de masse de propos non censurés, ce qui pourrait mettre les grimpeurs dans le trouble.


19 Avril (2e partie)

L’équipe de Ryan, constitué de quatre grimpeurs dont deux Canadiens et deux Américains et avec qui, en autres, Sylvie partage la tente cuisine, viennent de revenir.

Ils ont mis 7 heures pour accéder au Camp 1 hier, et 3h45 pour descendre aujourd’hui. Ils ont l’air de bien aller. Il y en a encore un qui a une toux sèche.

Sylvie a préparé son équipement pour dormir au Camp 1 et a aussi séparé l’équipement dont elle aura besoin à partir du Camp 2 et plus haut. Elle écoute de la musique pendant qu'elle fait ça et nous dit que l’ambiance est cool dans sa tente!

Elle profite de ce confort et relaxe au maximum. Dans ses autres expéditions précédentes, Sylvie avait toujours un léger stress qui affectait son sommeil. Elle constate maintenant que ce n’est plus le cas. Elle se sent en confiance, elle se sent bien préparée et elle révise chaque étape au jour le jour.

Même si il y a des contraintes au niveau de la communication et qu'elle ne sait pas trop quand elle aura accès au Camp 3, elle arrive à vivre l’instant présent et à conserver son énergie. Elle mange comme jamais, elle dort très bien, occupe son temps de choses qui lui plaisent et prends le temps pour apprécier tout ce qu'elle a. Elle parle aussi avec les filles de Browns. Sylvie aime bien la chimie qu'elles ont crées ensemble, entre filles.

Sylvie nous dit que même à travers un tas de roche et de glace, l’humain arrive à se créer un milieu de vie où il fait relativement bon vivre.

Elle est la pour une saison, puis tout le monde repartira. Elle est donc à l’écoute des changements en cette saison, pour apprendre quand sera le bon moment pour l’assaut du sommet.

Juste un peu avant le dîner, une grosse avalanche s’est déclenchée du côté du Pumori, sur le versant opposé à l’Everest par rapport à leurs tentes. Un ravin les sépare de la zone d’accumulation, cette avalanche était donc sans aucun danger pour les grimpeurs.

Sylvie nous remercie pour notre support et nos encouragements. Elle se sent bien choyée d’être si bien entourée. Elle sait que le plus difficile est devant elle. Elle monte cette montagne étape par étape, pas à pas et avec la meilleure écoute de soi possible. Elle prie que l’accès au sommet lui soit permis en temps propice pour elle. Son coeur est ouvert à recevoir toutes les leçons de cette grandiose expérience.

Sylvie montera coucher au Camp 1 le 22 avril, car les icefall doctors auront terminés d’équiper la voie jusqu’au Camp 2 ce jour-là.

En terminant, Sylvie nous remercie de croire en elle.


19 Avril

Quelques informations encourageantes pour Sylvie:

Du côté nord (Chinois) ils ont placé les cordes fixes jusqu'à 7500 mètres et ils espèrent faire une première tentative le 28 avril selon la température. C'est une bonne nouvelle car ils sont rendus au Camp 3 donc leurs porteurs de la flamme olympique peuvent aller s'acclimater jusqu'au camp 3.

Nous ne savons cependant pas si les équipes chinoises ont déjà commencé à monter passé le camp de base mais dans le délai dans lequel ils souhaitent faire une première tentative, ils doivent déjà être montés au Camp 2.

Aussi, à la radio on entend que la montagne est bloquée. Ce n'est apparemment pas tout à fait vrai. Sur www.peakfreaks.com , www.everestnews.com, une personne a écrit qu'ils pouvaient monter jusqu'au Camp 2 et que les grimpeurs discutaient avec les autorités chinoises pour négocier la possibilité de se rendre au camp 3. Pour sa part, Sylvie continue à suivre son plan et elle sera au Camp 2 à sa fête lundi le 21 avril.

Par la suite, si elle peut aller faire son acclimatation au camp 3 elle le fera sinon elle descendra à Dingboche à 4389mètres pour se reposer, bien manger et attendre que le blocus soit levé s'il y en a un.

Nous sommes sans nouvelles de Sylvie depuis l'arrêt des communications le 15 dernier. Il n'y a pas eu de fuites de la part des grimpeurs du camp de base et cela se comprend : la perte de permis et le retour à la maison.

Sylvie pourrait nous appeler avec un agent de liaison avec elle pour filtrer les appels. Il y a un problème linguistique car un agent de liaison de l'armée chinoise ne parle généralement pas le français, surtout à cette altitude. Donc, si elle peut, elle pourra appeler mais seulement pour parler d'elle et il ne faut pas qu'elle mentionne quoi que ce soit comprenant les mots "army", "chinese", "olympic torch", "asshole", "rebelion", "manifestation", "Tibet", "liberation", et ne doit en aucun temps arborer le drapeau du Tibet (surtout si en dessous il est écrit le mot FREE).

Il y a eu un sauvetage sur l'Everest hier. Un sherpa s'est senti mal en haut de la cascade de glace. En fait, il ne sentait plus la moitié de son corps (ça ressemble à un oedeme cérébral). Près de 20 sherpas ont aidé à son évacuation. Il a été évacué en hélicoptère militaire Népalaise. Il a été transféré à Katmandou et il va bien. Tous étaient surpris car c'est un Sherpa de 39 ans qui avait déjà atteint le sommet de l'Everest à deux reprises. Son nom est Gyelzen Sherpa. Pour avoir les détails rendez-vous sur: www.everestnews.com. C'est rassurant de voir que le système d'urgence fonctionne bien.

André nous envoie un article intéressant paru sur www.mounteverest.net. Il a mit en caractère gras les bouts intéressants et en italique une traduction libre pour les personnes qui ne parlent pas le mandarin.

On y apprends que la Chine ont des soldats pour contrôler ce qui se passe du côté sud (et nord) de l'Everest. Les grimpeurs n'ont qu'à se tenir tranquille et espérer du succès lors de la tentative du 28 avril et leur départ subséquent à leur réussite.

Sylvie ira chercher la paix de la montagne pour rester sereine. Merci de votre support; Sylvie en a plus que jamais besoin.


18 avril

Les jours passent... Cet avant-midi, Sylvie a sortie les matelas de sa tente pour faire sécher le plancher. Il a fait soleil et elle a presque tout sortie. Ça avait des airs de vente de garage!

Aujourd’hui, les icefall doctors ont commencé à équiper la voie entre le Camp 1 et le Camp 2. Il leur faudra possiblement trois jours. Donc, comme prévu, Sylvie pourra monter au Camp 1 le 20 et y coucher. Ce sera leur troisième journée.

Le lendemain, jour de sa fête, elle pourra y accéder. Ou pour être certaine, elle pourra attendre qu’ils aient terminés officiellement, puis monter au Camp 1.

Après le dîner, Sylvie est allée à la Bakery avec Brady et Ron. Kellie ne filait pas, le ventre lui brassait... 150 roupies pour deux brioches à la cannelle. Rustique, cette Bakery.

Elle vient juste d’écouter le film avec John Cusack et Minnie Driver: "Grosse Pointe Blank". Beau film.

Il est 18h15, bientôt le temps du souper. Sylvie se sent bien, toutes ces petites choses qu'elle fait l'aident à passer ses journées.

L’espèce de Sergent major des militaires est un fumeur... et l’odeur de sa cigarette se rend à la tente de Sylvie. Le coeur lui lève, elle doit garder le nez dans son manteau. En ce moment elle a hâte qu’il aille dormir!

Après le repas, il est sorti pour fumer. Quand il est rentré dans la tente repas, il a amené avec lui sa traînée de fumée. Ça puait tellement. Elle est partie aussitôt. Ça la révolte, encore plus qu’il sera avec eux à chaque repas et ce jusqu’à la fin de cette infernale période de restriction.


17 avril

Sylvie est partie à 5h00, et a mit 4h30 pour accéder au Camp 1. Il ventait assez fort, elle a donc gardé ses pantalons en primaloft toute la montée et presque jusqu'à la moitié de la descente. Au Camp 1, elle a pris 30 minutes pour manger et boire dans la tente. La descente, qui s'est bien déroulée, a durée 3 heures.

Durant la descente, Sylvie a rejoint un groupe de Sherpas qui faisait une manoeuvre de secourisme d'un Sherpa, qui semblait ataxique sur le coup, mais qui aurait apparemment fait un ACV. Pour traverser les échelles, ce n'était pas évident. Une fois de plus Sylvie a pu constater la générosité ainsi que le solidaire travail d'équipe des Sherpas.

Le Sherpa secouru est à Kathmandu à l'heure actuelle. Sylvie se sens bien et est toujours en paix avec ses choix.


16 avril

Aujourd'hui les icefall doctors installent la voie jusqu'au Camp 1. Demain, Sylvie pourra y accéder. Elle va y aller, puis redescendre pour son acclimatation. La voie entre le Camp 1 et le Camp 2 prendra deux à trois jours supplémentaires avant d'être équipée.

Plusieurs équipes montent demain pour aller coucher au Camp 1 même s'ils n'ont pas grimpés à une telle altitude avant. Deux d'entre eux ont commencés à tousser et éternuer et ne se désinfectent pas les mains. Sans parler qu'un autre grimpeur a eu des migraines hier...

Sylvie a peur d'attraper quelque chose. À une telle altitude, un problème de santé pourrait mettre son expédition en péril. Elle prends donc ses précautions: elle traîne son Purel et se lave les mains chaque fois qu'elle touche quelque chose qui est utilisé par d'autres grimpeurs.

Concernant sa stratégie d'ascension, Sylvie s'en tient à deux principes: grimper haut et coucher bas. Aussi, selon Mario et Pascal, après une poussée, il faut deux à trois jours de repos.

Sylvie s'en tiens à sa planification: quand elle sera prête à retourner au Camp 1 pour coucher, la voie entre le Camp 1 et le Camp 2 sera équipée. Elle pourrait aussi faire une autre poussée au Camp 2 et redescendre récupérer plus bas au Camp de base.

Ensuite il faudra attendre que la section entre le Camp 2 et le Camp 3 soit équipée. Il se pourrait que l'équipement de cette section ne débute pas avant le 10 mai compte tenu des requêtes des Chinois.

Sylvie pense que sa stratégie est moins agressive pour le corps et davantage respectueuse et progressive pour son processus d’acclimatation. Elle devrait ainsi économiser son énergie sans trop stresser son corps.

Ce pourrait être différent si le temps jouait contre elle, mais pour le moment, c’est l’équipement de la voie qui la retarde. Elle doit assumer une stratégie différente. Elle sera la seule grimpeuse à ne pas aller coucher au Camp 1 demain.

Sylvie vient aussi de rencontrer Wongchhu et Rinji. Wongchhu était le Sherpa de Mario et il est le cousin de Nigma. Wongchhu travaille pour Mountain Madness Junkies qui est affiliée à Mountain Madness et High Altitude Dreams, avec en tête Kili Sherpa. Sylvie a en sa possession le livre de Maxime. Elle leur a montré et ils ont longuement regardés les photos.

Depuis ce matin, les grimpeurs n'ont plus le droit d'accéder à internet, ni de se servir des téléphones satellites. L’armée est postée et viendra cette après-midi confisquer l'équipement. Si les grimpeurs veulent faire un appel, d’ici le 10 mai, ils devront aller demander leur appareil et effectuer l'appel sous la supervision des militaires.

Sylvie a envoyé une clé USB contenant des photos et des nouvelles via un porteur, qui acheminera le tout à Kili Sherpa. Comme convenu à Kathmandu, Kili nous fera parvenir le contenu de cette clé par courriel. Nous aurons donc, même en situation de restriction des communications, des nouvelles et des photos récentes de Sylvie.

Son matériel pour demain, sa liste pour le coucher, sa liste pour les différents portages ainsi que sa liste pour l'ascension du sommet sont prêts. Les radios ont été vérifiées et la bouffe est déterminée.

Sylvie essaie d'accepter l'impuissance qu'elle vit par rapport au conflit entre la Chine et le Tibet ainsi que les conséquences qui sont pour elle réellement contraignantes. Elle prie, médite et nourrit la confiance que tout ira pour le mieux pour son expédition.

Elle continue sa visualisation pour atteindre le sommet. Elle mange et boit abondamment et se repose du mieux qu'elle peut. Elle préserve ses acquis et son investissement ainsi que sa santé. Elle relit aussi vos courriels d'encouragement pour se rappeler votre présence bienveillante.

Celle impuissance pour Sylvie se situe aussi à contraindre son besoin d'être en contact avec sa famille, ses amis et ses supporteurs. Cette impuissance est vraiment forte pour Sylvie, elle qui a travaillé fort pour se doter d'un équipement lui permettant de combler ce besoin de communication. Mais elle ne peut prévoir, ni contrôler les décisions politiques...

Sa liberté d'expression est bafouée. Elle a travaillée fort avec Simon pour avoir une couverture médiatique pour ses partenaires. Elle est désolée et impuissante devant cette impossibilité de donner un suivi de la qualité dont elle avait rêvé.

L'investissement de Simon et sa disponibilité pour maintenir le contact avec les médias lui est donc très salutaire. Sylvie est très reconnaissante de sa précieuse aide, particulièrement en ce temps de restriction. Merci Simon!

Même si Sylvie vit une colère intérieure émanant de son impuissance, elle ne la laisse pas avoir d'emprise sur elle afin qu'elle ne consomme pas sa précieuse énergie. Bref, elle remplit ses instants seulement de choses qui lui font du bien. Elle maintient sa production de dopamine élevée, et, comme c'est en lien direct avec l'appétit, elle mange donc beaucoup.


15 Avril

Sylvie nous téléphone du camp de base. Il y a de bonnes nouvelles, et de moins bonnes.

Sylvie vas très bien, et elle n'est pas en danger tant et aussi longtemps qu'elle se tient tranquille avec les militaires chinois.

L'armée chinoise a pris le contrôle du camp de base et de la montagne. Le gouvernement chinois planifie aller porter la flamme olympique sur le toit du monde pour les jeux olympiques d'été 2008 et leur 'time frame' (échéancier) c'est pendant la saison où l'Everest est disponible, soit maintenant.

Nous savions, avant que Sylvie parte, que la montagne serait fermée du 1ier au 10 mai afin qu'ils réalisent (les chinois) leur ascension. Avec la planification de Sylvie et le tampon pour le mauvais temps qu'elle s'était mise, il n'y avait pas de problème.

Le problème c'est qu'avec le gouvernement chinois, on ne sait pas tout. Ils étaient supposés bloquer les communications et la montagne du 1er au 10 mai. Les communications sont bloquées à partir d'aujourd'hui et probablement jusqu'au 10 mai. La flamme est supposée monter entre le 1er et 10 mai mais ils vont tenter le 29 avril de le faire.

Il y a donc beaucoup d'incertitude en ce qui a trait à la gestion de l'armée. S'ils ne réussissent pas d'ici le 10 mai, est-ce qu'ils vont bloquer les communications et la montagne encore plus longtemps? Pourquoi bloquent-ils les communications?

L'atmosphère entre le gouvernement chinois et le gouvernent Tibétain (exilé en Inde depuis 49 ans), dirigé par le Dalaï Lama, n'est pas au beau fixe. Au Tibet, il y a plus de chinois (7,5 millions) que de Tibétains (6 millions). Le Dalaï Lama prône la non violence et la libération du Tibet. Donc, les chinois ont peur qu'il y ait des actes politiques de sabotage pour empêcher la flamme de monter ou pire encore pour eux qu'il y ait un 'stunt' de la part des Tibétains pour prendre le contrôle des médias au sommet de l'Everest avec un beau drapeau FREE TIBET.

C'est pour contrôler l'information, oui: contrôler l'information qui va sortir de l'Everest afin qu'ils ne paraissent pas mal. Il ne faut pas oublier que les meilleures personnes pour monter la flamme olympique en haut de la montagne demeurent les Sherpas... qui sont Tibétains!

Il y a donc un potentiel de risque qu'ils veulent gérer. Surtout qu'avec toute la mauvaise presse que la Chine a eu dernièrement, ils ne veulent surtout pas d'autres bâtons dans les roues.

LE BON CÔTÉ DES CHOSES: S'ils réussissent le 29 avril, la flamme olympique quittera la montagne, la vie reprendra son cours et les équipes de tous les autres pays vont pouvoir faire leur ascension.

Revenons à Sylvie: Sylvie est en pleine forme et son horaire pour la prochaine semaine est le suivant:

Les chinois ont permis aux ICE FALL DOCTORS d'équiper la voie et elle sera prête le 17. Donc Sylvie pourra monter du stock au camp 1 pour le préparer et aussi pour s'acclimater à partir du 17 avril.

Probablement le 18, elle montera au camp 1. Elle reviendra coucher au camp de base. Le lendemain: Repos le 19. Le 20 avril elle partira en direction camp 1 où elle couchera. Le 21 (((BONNE FÊTE SYLVIE ! ! !))) elle montera au camp 2 pour redescendre au camp 1 pour coucher.

Les 22-23-24 retour au camp de base et repos. Ensuite, elle ne sait pas si elle sera autorisée à monter au camp 3. Si elle ne peut monter au camp 3 pour s'acclimater avant le 10 mai, elle redescendra plus bas en altitude pour récupérer et attendre le feu vert où elle pourra continuer.

Il est certain que personne dans son groupe ne prendra la chance de communiquer avec leurs foyers respectifs car le permis serait révoqué et tout le monde devrait redescendre. Plus bas, les communications devraient être permises. Donc les entrevues radio sont remises à plus tard. Je ne m'attends pas à ce qu'elle nous parle, soit par Internet ou par téléphone avant le 10 mai. Avant cette nouvelle, elle avait envoyé une clé USB à Katmandou pour nous envoyer des nouvelles.

Il est primordial pour elle que vous ne la laissiez pas tomber. Sylvie a besoin de sentir que vous êtes derrière elle; elle a besoin de l'énergie que vous lui envoyez. Elle m'a dit qu'elle va continuer à vous écrire et à penser à vous, toutes ces personnes qu'elle porte dans son coeur. Nous allons recevoir un gros courriel lorsque cela va débloquer!

Le 21 avril, lundi prochain, la journée de sa fête, ceux qui avaient prévu avoir une pensée pour elle: faites-le, écrivez-lui, envoyez-lui une carte, tout ce que vous voulez! Je sais que chacun d'entre vous la supporte et souhaite sa réussite. UN ÉNORME MERCI POUR VOTRE SUPPORT.

Pour plus d'information aller sur le site: www.everestnews.com. Il y a les régulations pour la période du 1 au 10 mai pour ce qui est des grimpeurs et des communications. Pour la météo: www.meteomedia.com (section le monde > Népal > camp de base & sommet).


13 Avril

Sylvie va bien. Sa tente North Face Dôme 5 fait l'envie de tous les grimpeurs. Elle est très confortable et Sylvie est très contente de son choix.

Elle a écrit le nom des personnes constituant le groupe de Laval St-Gelais. Ce sont : Laval, Lucie, Aline, Pierrette, Yvan, Adrien et les Khuong. Cette équipe lui envoie de l'énergie et l'aide dans mon ascension. Sylvie les remercie de tout coeur pour leur support.

L'amie de Sylvie qui viens de la Nouvelle-Zélande , Lydia Bradey, guide pour Adventure consultants inc, va apparemment arriver demain, selon Mustapha, l'un des grimpeurs.

Jim Carter, le gars de Browns University, a filmé Sylvie avec sa caméra vidéo en train de vous envoyer des courriels. Elle envoie ses courriels de dehors et nous dit que les couleurs sont splendides.

Sylvie nous dit qu'elle a eu une superbe nuit et qu'elle dort tellement mieux que l'an dernier. Elle se sent prête pour grimper.

Pour son acclimatation, elle a grimpée jusqu'au "popcorn", c'est à dire jusqu'à la moitié de la cascade de glace.

Nigma lui a fait le commentaire suivant: "You are very strong !... You are like a Sherpa Why did you summited last year?"

Elle lit entre les lignes qu'il la voit au sommet. Ça l'a vraiment apaisé à l'intérieur. Elle ressens un calme maintenant, elle a juste à continuer à grimper en s'écoutant et ça va bien aller. Elle ne sait pas trop ce qu'il a vu en elle, mais elle lui fait confiance.

Sylvie a grimpé pendant 2h30 avant d'arriver au popcorn. Les Sherpas y ont installé des drapeaux de prière et le site est vraiment beau selon Sylvie. Elle a pris une heure pour redescendre, avant de rejoindre l'équipe de François-Guy Thivierge.

Son camp est à l'autre bout du camp de base, donc ils ne se visiteront pas souvent. Comme il a le même sac que Sylvie, elle a vérifiée si son sac avait le même problème que le sien. Le morceau qui lâche habituellement était déjà coupé à la moitié. Sylvie lui a donc montré comment le réparer.

De retour au camp, son Sherpa de l'an dernier est venu la rencontrer. Il travaille pour Adventure consultants, la compagnie pour qui Lydia Bradey travaille cette année. Il m'a expliqué où était leur camp. Ils sont arrivés hier, et demain ils auront, tout comme moi, un jour de repos. Sylvie va peut-être aller y faire un tour.

Lors de l'ascension, le cuisinier du camp 2 un autre Lakpa, s'est joint à l'équipe de Sylvie. Il a pris des photos de Sylvie et Nigma. Sylvie est très contente. Aussi elle avait apporté la vidéo, et Nigma a pris quelques scènes de Sylvie sur les échelles et à d'autres endroits.

L'un des canadiens de l'équipe de quatre grimpeurs a dit à Sylvie qu'elle avais l'air très "focused".

Le 10 à 8h00 (heure du Québec), Sylvie a eu une entrevue en direct avec Rémi d'Anjou de info 800. Comme ça s'est conclu tardivement, je n'ai pas pu vous informer d'avance. Il est intéressé à faire un suivi, si elle peut, Sylvie nous tiendra au courant un peu à l'avance.

Cette année, il y a moins d'échelles que l'an dernier: plus de bouts vertical sur cordes fixes. Par contre les crevasses semblent plus profondes! Sylvie dit qu'elle a arrêté de regarder le fond, ou le sans fond, car ça la faisait "freaker".

Elle s'est sentie en confiance sur la cascade de glace. Elle n'a pas eu peur comme l'an dernier et le glacier n'a pas grondé non plus.

Le 12, pour son jour de repos, Sylvie s'est lavée les cheveux (ça fait du bien!).

Le grimpeur de Browns, qui est un psychologue clinicien, a fait passer à Sylvie un questionnaire sur la communication dans une équipe elle n'a pas eu de problème à répondre. C'est un programme pour aider les astronautes de la NASA. En échange de son aide, il a remis à Sylvie une "patch" de la NASA. Plusieurs autres de l'équipe participent également.

Sylvie vas bien, sa saturation est à 80, ce qui très bon pour 5308m. Surtout qu'elle est montée dans la cascade hier, elle a donc bien récupéré.

Sylvie essaie de brancher son téléphone satellite de l'intérieur de sa tente. Un autre test pour apprendre davantage comment ces outils de communication fonctionnent. Et ça fonctionne !

Elle remercie tout le monde pour les messages d'encouragement, ça lui donne des ailes et elle trouve ça moins difficile grâce à vous tous!

Sylvie a bien hâte de nous revoir à l'aéroport! D'ici là, elle a encore d'importantes étapes à franchir. Elle rêve à ce moment où elle sera de retour parmi nous. Elle se sent prête pour ces étapes. Elle se sent bien préparée cette année, de beaucoup de points de vue.

Sylvie mange beaucoup, elle est même surprise de mon appétit. Elle pense qu'elle s'est programmée inconsciemment à manger le plus possible pour prendre un peu de poids ou à tout le moins ne pas en perdre, car elle sait que la demande énergétique sera de plus en plus grande là-haut.

Sylvie se repose le plus possible: elle écoute de la musique et parfois des DVD, elle écrit et elle lit. Parfois, elle ne fais que contempler le décors et se nourrit de ces paysages impressionnants, majestueux et grandioses.

L'équipe est intéressante. Sylvie nous dit qu'elle s'amuse et qu'il y a une belle énergie. Espérons que ça va perdurer!

En terminant, voici des photos prises au pied de la cascade de glace pour vous montrer comment cela peut être un casse-tête en 3 dimensions et vous donner une idée de la grosseur de la cascade. Les petits points sont des humains!

Article sur Sylvie paru dans l'Écho du 9 Avril


12 Avril (2e partie)

Les communications sont plus laborieuses que ce que nous avions évalués. Sylvie nous a envoyé 3 courriels depuis 3 jours et aucun n'est entré. André lui a parlé hier soir (vendredi) et ce matin (samedi).

Vendredi elle a monté environ la moitié du ICE FALL (cascade de glace). Cela a très bien été. Elle dit qu'il y a moins de crevasses et beaucoup plus de verticales à monter dans des échelles. Par contre, les crevasses qu'elle a franchi sont beaucoup plus impressionnantes que l'an passée car comme elle m'a dit : Dans celles-là, on voit assez loin pour voir qu'on ne voit pas le fond!!!

Une fois rendue en haut (à la demi cascade) avec son sherpa, ce dernier lui a dit qu'il la trouvait "very strong" et il lui a demandé pourquoi elle n'avait pas fait le sommet l'an passée. Elle lui a répondu que c'est parce qu'elle n'avait pas de permis de sommet et il a dit qu'elle montait comme un Sherpa. Eh la gang, ça c'est tout un compliment venant de sa part!!!. Ce gars là ne dit pas quelque chose pour ne rien dire. Ses paroles ont du poids! Sylvie lui a répondu que si elle grimpe si bien c'est peut-être parce qu'elle avait reçu une transfusion de sang de sherpa et ils ont ri ensemble!!!

Elle a super bien dormi et elle est contente d'avoir retrouvé le confort de son sleeping bag North Face Inferno. Elle n'a pas eu froid du tout!!!

Ce matin, Sylvie a parlé avec ses filles Frédérique, Laurie et Mathilde. Les enfants étaient très contentes de passer du temps avec elle. André était ému par leur sourire radieux lorsqu'elles lui parlaient.

La cascade de glace n'est pas équipée jusqu'au camp 1 encore. Normalement cela devrait prendre encore 1 jour sauf que : L'ARMÉE CHINOISE A DEMANDÉ AUX ICE FALL DOCTORS DE LES ATTENDRE AVANT DE CONTINUER.

La ici, c'est Sylvie qui fulmine car ils sont à deux jours d'arriver et un jour de retard. Donc 3 jours de délai. Ce qui signifie que ça ralentit Sylvie pour son acclimatation. Sylvie craint que les chinois leur mettent des glaçons dans les crampons ( des bâtons dans les roues). Elle va nous tenir au courant là-dessus.

Son énergie est super bonne, son intellect aussi. Par contre, son moral est dans l'insécurité par rapport aux chinois, mais elle se concentre sur le moment présent et canalise ses énergies à envisager une suite agréable avec l'occupation de l'armée chinoise.

En terminant, Sylvie vous salut et tient à remercier Simon St-Hilaire pour son bon travail avec les médias.


12 avril

Le magazine La Semaine publie un article sur Sylvie.


11 avril

On parle de Sylvie dans le magazine Dernière Heure.


9 avril

Parution d'un article sur Sylvie dans le journal abitibien l'Echo.


8 Avril

Sylvie communique avec nous via le téléphone satellite ce matin et nous constatons que les communications sont parfois laborieuses et difficiles.

En gros ça va très bien et elle attend les autres du groupe pour commencer à monter sur la cascade de glace. Les ICE FALL DOCTORS travaillent fort mais la voie n'est pas encore prête. Le moral va bien, son corps va bien et elle est bien installée.

Sylvie lit par moment le livre "Bouillon de poulet pour l'Âme d'une mère". Elle a choisi ce livre pour honorer son investissement en tant que mère. Pour se sentir près de ses filles.

Aussi, le nom Everest ou "Sagarmatha", veut dire Mère de toutes les mères. Sylvie veut grimper avec humilité en demandant à cette mère de toutes les mères de la protéger et de m'aider à lui ouvrir son accès; de lui donner une belle fenêtre météo dans un temps favorable pour sa condition; de lui donner la santé, le courage, l'énergie et la foi qu'elle est capable; de la guider avec ouverture et confiance.

Sylvie a aussi demandé à Nicole, sa soeur jumelle, et à mon père Jean-Marc, de l'aider et de la protéger.

L'année dernière Sylvie avait fait un Chorten à Jean-Marc, cette année, elle en a fait un à Nicole lors de mon passage sur le cimetière des Sherpas décédés à l'Everest, pour lui rendre hommage.

Sylvie a écouté en pleurant, sur place devant le Chorten, "l'enfant lumière" de Nicola Chiccone, une chanson qui l'inspire, la guide et lui donne confiance en elle.

Sylvie avait demandé, il y a plusieurs mois, que les gens qui peuvent l'aider l'entourent et la supportent. Elle a demandée deux Sherpas qui vont prendre soin d'elle et qui sont expérimentés pour la sécurité. Elle a aussi demandé des Sherpas avec qui elle pourrais vivre cette expérience avec toute l'intensité, la joie, le dépassement, l'entraide, le support, le respect et l'amitié qu'il me sera possible de vivre.

Sylvie essaie de garder son coeur ouvert avec tout le courage dont elle est capable, avec toute la bonne volonté dont elle peut faire preuve, elle veut aussi aider de son expérience.

Elle a besoin de partager ses découvertes pour aider les gens à davantage s'écouter, à se respecter et à s'aimer tels qu'ils sont.

Aider à ouvrir au respect de la différence, à l'indulgence, à la tolérance, à l'humilité de reconnaître ses erreurs, à encourager à tirer des leçons de nos expériences difficiles ou heureuses.

Elle veut aider à voir autres choses que le côté négatif ou difficile, mais à voir aussi, la leçon, les forces que cette expérience nous a permis de développer qui sont autant de cadeaux à découvrir.

Le livre, "Bouillon de poulet pour l'Âme d'une mère", lui fait parfois monter les larmes. Elle se reconnaît, elle reconnaît l'investissement des mères, de la sienne. Les histoires ont été écrites avec le coeur, c'est pourquoi elles la touchent. Écrites avec le coeur généreux d'une mère, quel plus beau cadeau un enfant peut-il recevoir que l'amour du coeur offert par des gestes simples, d'attention, d'écoute, de respect, et de dons de soi.

Les Sherpas travaillent tout autour à niveler le sol pour des sites de tentes. Il y a maintenant presque deux semaines qu'ils sont ici à préparer le camp.

Pour construire la tente cuisine, il a fallu 3 jours à 10 Sherpas. Elle a pris des photos et c'est fait d'une manière que les maçons du Québec ont beaucoup à leur envier.

Si Sylvie mettait un niveau, elle est sûre qu'il dirait juste à de nombreux endroits. Cette structure possède quatre murs, bien droits, une table centrale et un banc le long des murs, le toit est en toile et est fixé avec des cordelettes solidifiées par des croisements de corde.

À son arrivée, plusieurs Sherpas se sont affairés à niveler son site de tente. C'était la première fois qu'ils montaient un Dôme 5 de The North Face. Arrivés au flair (vestibule), Sylvie leur a expliqué comment l'installer. À la fin, elle leur a demandé s'ils avaient déjà montés une tente comme celle-là et ils ont dit que c'était la première fois.

Elle les a félicités de leur débrouillardise et fait un five down (tappe de main). Ils avaient l'air très fier!

Comme le Dôme n'a pas de guideline (cordelettes pour ancrer la tente au sol avec des pierres), les Sherpas en ont ajouté.

Pour couper les cordelettes, ils prennent le côté tranchant des roches, ils n'ont pas besoin de couteau!

De les observer, Sylvie apprend beaucoup. Elle les trouve bien ingénieux. Avec peu ils font beaucoup, et toujours avec le sourire!

Deux Sherpas sont venus installer une ligne électrique et un globe pour éclairer la tente. Sylvie a aussi une prise pour recharger ses appareils quand la génératrice fonctionne, c'est-à-dire plutôt le soir.

Dans ses bagages, Sylvie s'est apportée une chaise de trekkeur. Elle utilise son matelas de sol gonflant comme coussin. Elle nous dit que c'est de tout confort.

Sans chaise, le dos fatigue à la longue, Sylvie avait constaté ça durant ses expéditions précédentes et comme Mario Dutil lui avait dit: "Sylvie, au camp de base, il te faut du confort, tu souffres tellement dans les camps de hauteurs qu'il te faut une compensation pour rester sain d'esprit". Considérant ces judicieux conseils, elle n'a pas hésité à mettre cette chaise dans ses bagages.

Hier, le Lama a béni son site de tente en y lançant du riz et Sylvie l'a remercié.

En après-midi en allant chercher du lait dans la tente cuisine, les Sherpas l'on invité à s'asseoir. Ils ont dû insister à trois reprises. Comme ils ont insistés, Sylvie s'est dit qu'ils voulaient vraiment qu'elle prenne la collation de l'après-midi avec eux, elle s'est donc assise avec eux. Sylvie a eu droit à manger une soupe tomate et ail et du pop-corn.

Jim, de Browns University, vient d'arriver et il a des problèmes digestifs. Espérons qu'il ne va pas les contaminer.


6 avril:

Merci à Alain (frère de Sylvie) qui nous fait parvenir une illustration réalisée à partir des images de Google Earth. (Le sommet de l’Everest ne semble plus le plus haut, c’est évidemment un effet de distortion dû à la perspective de la caméra utilisée. C’était le meilleur angle pour bien voir les routes.)


3 avril:

Deuxieme appel de Sylvie, elle est arrivée à Dingboche à 4410 mètres.

Elle est agréablement surprise de sa forme physique. Merci encore à Énergie Cardio select de Ste-Foy.

Les communications sont un peu difficiles pour le moment car sur le reste du trajet il n’y a plus de ville qui ont de l’électricité. Au camp, son set-up sera beaucoup plus efficace.

Simon St-Hilaire qui s’occupe des médias, sera en entrevue à CBC radio (en anglais) lundi soir prochain pour parler de Sylvie.

Sylvie a un très léger mal de tête mais elle sait que c’est temporaire.

Si vous vous référez à son itinéraire, elle dit que jusqu'à maintenant elle le respecte comme prévu. Bref, le physique est très bon, et le moral aussi.

Elle est heureuse de se retrouver là-bas et elle vous remercie de votre support.

En annexe un petit plan pour que vous puissiez la suivre. Aussi, un petit tableau qui donne le taux d’oxygène à différentes altitudes dans les Himalayas.

Sylvie est aussi le sujet de 2 articles dans des hebdomadaires. Donc, si vous voulez lire ces articles, ils sont publiés dans DERNIÈRE HEURE, ainsi que la revue LA SEMAINE, parus le 4 avril.


30 mars:

Sylvie est a Namche Bazar. Assise dehors, elle doit attendre que le soleil se lève avant de sortir son ordinateur pour nous écrire un petit mot (sinon la batterie est trop froide et les cristaux de son écran ne fonctionnent pas bien).

La veille, elle a marchée 5 heures depuis Phakding pour s'y rendre. Elle a trouvée le trajet moins long que l'an dernier: elle connait la route et elle est bien entrainée (merci à Andrée-Anne et Édith de Énergie Cardio Ste-Foy).

Tout va bien, aucun symptôme du MAM.

Sylvie a aussi rencontre Mark, un guide de l’agence International mountain guide (IMG). Il vient de Seattle et il guide un Corééen. À Kathmandu, il a rencontré Lydia Bradey, la première femme ayant atteint le sommet de l’Everest sans oxygène en 1988, l'amie Neo-Zelandaise de Sylvie. Il confirme qu’elle sera sur la montagne sous peu.

Sylvie n'a toujours pas recu son permis officiel. La dernière équipe de Mountain Madness à quitter Kathmandu va lui l’apporter.


28 mars:

Premier appel téléphonique de Sylvie, elle se prepare à partir pour Namche Bazar (3444m). On percoit déjà que son souffle est plus court. Sylvie nous rassure: elle mange bien, elle dort bien et s'amuse bien.


27 mars:

Sylvie nous envoie un premier point GPS (dans le menu Google Maps, vous pouvez le mettre en relief).

Sylvie rencontre egalement Nima, l'un des deux Sherpas qui l'accompagnera. Elle rencontrera l'autre Sherpa, Ang, au camp de base. Ses deux Sherpas ont déjà de l'expérience puisqu'ils ont respectivement deux et trois sommets de faits à l'Everest.

Elle obtient aussi une prolongation sur son visa, qui n'était que de deux mois à l'origine. Sylvie part demain pour Lukla, pour ensuite se diriger vers Phankding.

Le modem satellite est fonctionnel.


26 mars:

Arrivée de Sylvie a Katmandou vers 17h00.

Pour connaitre l'heure de Katmandou, Sylvie nous informe que nous devons ajouter 9h40 à notre heure.


25 mars:

Sylvie est maintenant à Londres pour ensuite voler sur l’Arabie saoudite puis Katmandou.

L’ambiance lors de son départ était fébrile, voici d'ailleurs une photo de ses supporteurs qui étaient venu l'encourager.


11 mars

On parle de Sylvie dans Le Soleil, et aussi dans le Média Matin.