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Mon histoire

En juillet 2005, je me rends à Canmore, Alberta (Rocheuses Canadiennes) pour suivre un cours d’anglais de 3 semaines au Banff Education Center (BEC).

Mon autre objectif d'aller dans les rocheuses Canadiennes est supporté par le fait que je suis en entraînement pour un projet d'ascension du plus haut sommet de l'Afrique, le Mont Kilimanjaro (5895m), en novembre 2005 au profit de la Société d'Arthrite. Je profite donc de cette opportunité d'être entourée de ces splendides montagnes pour aller faire plusieures ascensions de cinq à neuf heures.

Pendant que j’étais en Alberta, j’ai déniché une agence (Yamnuska Mountain Adventures), située à Canmore qui offre une formation d'alpinisme de trois mois et qui se donne au Canada et en Nouvelle-Zélande. Le défi me tente et il n’y a rien pour m’enlever ce projet de la tête. Je pars donc pour l’Alberta de nouveau en déc 2005, mais cette fois pour trois mois sans revoir les enfants, ni mon conjoint.

Suite à cette formation, je suis emballée, je grimpe tout l’été au Québec. À l’hiver 2006, je pars avec mon conjoint, cette fois escalader le plus haut sommet des Amériques, le Mont Aconcagua (6962m) en Argentine, de nouveau au profit de la Société d’Arthrite.

Durant l’hiver 2006, je me suis entraînée, avec Mario Dutil, (un ami qui a réussit l’Everest en 2004), aux chutes Montmorency sur les arêtes nord et sud et sur les parois d’escalade de glace (face ouest), de même qu’aux chutes Jean-Larose, aux chutes Kabir Kouba dans le village Huron, au Mont Washington et au Mont de l’Ours.

Au début mars 2007, je voyais le temps filer et tout en osant partager à mon conjoint mon autre projet que je ne voyais pas raisonnable !!! pour une mère… et pour une conjointe…. dont celui d’aller me rendre au camp 2 de l’Everest (6492m) et à ma grande surprise, lui et Mario me supportèrent et m’aidèrent à rendre ce projet à terme.

Ces dernières années, je suis un chemin, celui de mes passions et je ne sais pas jusqu’où il m’amènera, mais l’important, c’est que ce parcours m’apporte à chaque instant satisfaction, paix et une sensation d’harmonie intérieur. Je me rends service et ce faisant, je rends peut-être service à l’autre qui me côtoie sans le savoir, car je peux le stimuler à se réaliser à son tour (mes conférences).

J’ai trois adorables filles et je suis bien touchée par toute leur acceptation de qui je suis.

Quand j'étais enceinte de ma dernière fille, je m’entraînais beaucoup, je faisais de la compétition de vélo de montagne chez les Seniors experts. J'ai commencé à ce moment là, à ne pas seulement me contenter d'assumer mon rôle de mère qui ne me comblait pas totalement. Et j'ai commencé à investir de mon temps dans ce qui me passionnait.

Dans un couple, les défis sont nombreux. Je crois qu’aimer vraiment l’autre, c’est l’aider à se réaliser !

Pour réaliser un projet comme celui de l’Everest, j’ai eu à emprunter un chemin de connaissance de moi qui a débuté à mon adolescence, mais qui a pris une vitesse de croisière depuis 2000, début de ma formation au Centre de Relation d'Aide de Montréal (CRAM) et de ma thérapie, toutes deux, entamées à mes débuts comme interprète en milieu scolaire.

J’ai appris à m’écouter et cela me rends service, car je reste en contact avec ce que je vis et cela me permet de prendre conscience, de m’observer et de prendre de nouveaux chemin intérieur par choix libre, par ouverture à soi, par besoin d’explorer et de trouver des moyens de vivre mes valeurs, celles que l’écoute de moi me permet d’identifier.

Maintenant, quand je fais de l’alpinisme, je fais quelque chose que j’aime beaucoup et j’ai le sentiment de me respecter profondément… Dans mes conférences, l'un de mes objectifs est d'amener mes interlocuteurs vers davantage de conscience, d'écoute et de respect de soi en passant pas le chemin de connaissance de soi.

À chaque ascension, j’ai à assumer vivre le manque de mes enfants et de mon conjoint. Je vis une dualité entre me réaliser, c'est-à-dire relever des défis qui viennent combler le besoin de me dépasser à travers des objectifs que j’ai choisi, et le manque d’être physiquement en contact avec ma petite famille au quotidien.

Avant de partir à l'Everest en 2007, je me disais : «je me demande comment je vais faire pour être loin de vous tous pendant ce mois, je suis pas encore partie que j’ai déjà hâte d’être revenue…».

La dualité, l’inconfort, le doute, font partie, pour moi, de l’apprentissage… Elles constituent une étape entre le connu (la sécurité) et l’inconnu ou la nouveauté (l’insécurité), un pont à franchir pour grandir et me développer…

Oser se faire confiance

J’ai eu à me faire confiance et à écouter ma voix qui me manifestait de l’intérieur et qui me disait que j’avais besoin de défis, besoin d’être entourée, besoin de contribuer à mon tour à enrichir par ma différence et par ma sensibilité.