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HIMALAYA, NEPAL, EVEREST

Mont Everest, camp 2 (Népal)

Pour me réaliser à travers ce rêve d'aller à l'Everest, j’ai eu a assumer demander de  l’aide et à créer des contacts pour m’entourer d’une équipe stimulante et supportante. Pour une fille gênée à prime abord et qui a peur de déranger, j’ai eu à oser demander de l’aide... et ce faisant j’ai eu à apprendre à donner la main à mes nombreuses peurs pour continuer à avancer…. La peur du jugement était ma plus grosse.

J’ai des idées peu communes, des intérêts peu communs et assumer cette différence n’a pas été évident pour moi. J’y ai mis plusieurs années de travail sur moi. Arriver à exprimer ma vrai essence intérieure a été, et est encore, tout un défi pour moi.

Au début mars 2007, je voyais le temps filer et tout en osant partager à mon conjoint mon autre projet que je ne voyais pas raisonnable !!! pour une mère… et pour une conjointe…. dont celui d’aller me rendre au camp 2 de l'Everest (6492m.) et à ma grande surprise, lui et Mario Dutil me supportèrent et m’aidèrent à rendre ce projet à terme. Comme quoi, parfois oser... demander... oser rêver... oser dire... amène à se réaliser...

Un autre mois parti, loin de ma famille… Partir pour le Népal, ce pays mythique… Me donner cette occasion d’Être en contact avec cette culture tellement différente de la nôtre.

J’en ai déjà rêvé, mais je me rends compte que je n’ai jamais vraiment écouté cette voix en moi, j’étouffais cette volonté en me disant que ce ne serait jamais possible…parce que c’est trop loin… parce que c’était trop cher… parce que c’était trop exotique et que je ne méritais pas tant de grâce… pourtant, cette voix était vraiment là….

Je suis partie seul au Népal et j’y ai rejoins un Sherpa. Durant cette expédition, j’ai relevé de nombreux défis… J’ai eu à faire preuve d’une très grande maîtrise de soi pour traverser six fois la cascade de glace, renommée très dangereuse. J’ai traversé de nombreuses échelles qui chevauchent les gigantesques crevasses du Glacier Khumbu.

Une fois, pour mon acclimatation, j’ai même eu à escalader cette cascade et à redescendre dans la même journée. Il faut 5 heures pour monter et 2h30 pour redescendre. J’ai commencé ma descente vers 12h30.

C’est durant cette descente que ma peur a atteint son apogée. Vers 13h30, le soleil qui s’est levé vers 6h30 réchauffe depuis maintenant plus de 6 h la cascade de glace et on peut alors entendre l’eau qui ruisselle ici et là au pied des Séracs… Le glacier gémissait, j’entendais craquer parfois près, parfois plus loin et cela me faisait « freeker »….

Les risques d’avalanche dans ces conditions deviennent très élevées et j’étais consciente de cela. Je tentais de descendre le plus efficacement possible tout ne négligeant pas ma sécurité. A chaque craquement, je m’imaginais le pire…

À chaque fois que je m’assurais dans les protections, je pensais à mes enfants, je leur disais dans ma tête: « Je fais cela pour vous, les filles. Je vous ai promis d’être prudente et je tiens ma promesse».

La pression que je vivais était très forte. Mon esprit était concentré à progresser, mais je craquais par moment, je pleurais de peur et je devais me parler pour reprendre du contrôle sur soi.

J’étais consciente aussi que je grugeais beaucoup d’énergie avec mes scénarios imaginaires et que la réalité était qu’il n’y avait pas d’avalanche et que j’allais bien. Oui, le danger était réel, oui, le glacier craquait, mais il tenait toujours. Il me semblait que cette descente n’avait plus de fin.

Pour me calmer, j’ai appris à lâcher prise et à faire confiance à la vie. J’ai prié et remis ma vie à la finalité de ma mission de vie. Je disais, si j’ai quelque chose à apporter suite à cette expérience, pour aider autour de moi, alors, je vais m’en sortir !

Je promettais de rester humble et de m’investir à continuer l’écoute de moi pour suivre mon chemin personnel et rendre service. J’étais reconnaissance de cette opportunité que j’avais, je me sentais privilégiée d’être sur l’Everest et de vivre autant d’intensité.  

Ce qui m’a le plus surprise de cette expérience, a été que malgré certains moments, où la peur a atteint un niveau important, malgré les conditions précaires découlant de vivre sur la montagne pendant un mois, ce dont je me rappelle le plus, c’est d’avoir vécu, la majorité du temps, une expansion et un très grand bien-être intérieur. Cela m’indique et me confirme, chaque fois, que j’ai besoin de vivre de telles expériences pour grandir…

Actuellement, je suis la première québécoise à avoir dépassé le camp de base et à avoir atteint le camp 2 (6492m) par la voie sud. J’étais très fière d’avoir eu ce courage !


Lakpa Sherpa et moi au sommet du Kala Patar (5544m)

Étape de mon retour du Népal

Faire le deuil de la personne que j'étais avant une expérience comme celle-ci, est  une étape du retour… De l’extérieur, rien n’est perceptible, mais de l’intérieur, je sais combien mes dimensions ont été ébranlées, éprouvées, mise en doute ou simplement confirmés… À chaque retour d'expédition, je sens cette vulnérabilité du changement, de m’être laissée imprégner de cette culture dont certains éléments sont très puissants, comme leur spiritualité, leur paix d’esprit…Leur générosité à donner du temps de qualité… à donner de l’importance, à donner par l’hospitalité… mais le temps, l'acceptation et le lâcher prise font leur part pour le retour à la sérénité.